2e colloque de l’AMIF : Modèle de développement, une urgence pour l’Etat et de la société

La reconsidération du modèle de développement national revêt un caractère urgent pour toutes les composantes de l’État et de la société, eu égard à la conjoncture sociale actuelle, a indiqué, vendredi à Skhirat, le président de l’Association des membres de l’Inspection Générale des Finances (AMIF), Fouzi Lekjaâ.
La reconsidération du modèle de développement est d’autant plus pressante que le monde connaît une véritable réédification des équilibres politiques et stratégiques, alors que les cartes des pouvoirs se redessinent dans un nouveau système mondial en construction, a estimé Lekjaâ, qui intervenait lors du 2ème colloque international sous le thème « la reconsidération du modèle de développement à la lumière des évolutions que connaît le Maroc ».
Le Maroc a connu durant les deux dernières décennies un saut qualitatif en termes d’infrastructures et de structuration des secteurs économiques vitaux, outre des taux de croissance importants, a-t-il fait observer, ajoutant que, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, le Royaume est parvenu à mettre en place un modèle de développement singulier basé sur le volontarisme et le réalisme.
Ce modèle, a poursuivi M. Lekjaâ, est fondé sur trois piliers majeurs: la consécration du processus démocratique et de l’édification institutionnelle, la mise en oeuvre de stratégies de développement (projets structurants, diversification des activités, renforcement des infrastructures) et l’édification de l’Homme à travers un développement durable multidimensionnel.
Pour lui, le Maroc a réalisé en une courte période des acquis importants qui lui ont permis notamment de traverser indemne la dernière crise économique. Parallèlement à cette dynamique économique, le volet social a bénéficié d’un intérêt particulier à travers le lancement de plusieurs programmes visant le désenclavement et la lutte contre la pauvreté comme l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et le Régime d’Assistance Médicale (RAMED), a dit M. Lekjaâ.
Malgré ce bilan socio-économique positif, le manque au niveau social est plus pressant que jamais, comme cela a été souligné par SM le Roi à plusieurs reprises, a-t-il souligné, notant que le diagnostic des lacunes, si elles existent, prend des trajectoires complexes et doit répondre à deux questions majeures, à savoir; si notre capacité à produire de la richesse a atteint sa limite et si la distribution de cette richesse et ses mécanismes n’excluent pas des franges de la société et des espaces territoriaux.
Ces conclusions mènent vers trois principales réflexions, selon M. Lekjaâ. La première est institutionnelle et concerne notamment la mise en oeuvre de la régionalisation avancée de manière à garantir le développement intégré, alors que la deuxième est relative à la politique fiscale, a-t-il expliqué.
S’agissant de la troisième réflexion, elle est liée à l’ouverture de l’économie nationale sur son environnement international et la diversification de ses partenaires et ses marchés, a indiqué M. Lekjaâ, ajoutant qu’il n’y a pas de modèle de développement valable pour tous les pays et dans toutes les conditions, encore moins un projet de développement à l’abri des influences internationales et de l’économie du savoir.
De son côté, le trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda, a affirmé que la reconsidération du modèle de développement reste un sujet d’actualité au Maroc, rappelant que le Roi avait attiré l’attention à plusieurs reprises aux limites du modèle de développement qui s’avère inapte à satisfaire les demandes croissantes des citoyens, à réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux, et à réaliser la justice sociale.
C’est dans ce sillage que le Souverain a annoncé dans Son dernier discours au Parlement la création d’une commission ad hoc dédiée au modèle de développement qui sera chargée de collecter, d’agencer et de structurer les contributions et d’en élaborer les conclusions et ce, dans le cadre d’une vision à portée stratégique, globale et intégrée, a-t-il rappelé.
Évoquant certaines expériences internationales, M. Bensouda a cité plusieurs facteurs clés pour la réussite de tout modèle de développement: l’amplification des atouts stratégiques, la planification stratégique et l’excellente exécution, la rationalité économique, l’efficacité opérationnelle, la recherche, le développement et l’éducation, la stabilité politique, la prudence et la prévoyance, entre autres.
Le développement économique et social est, d’abord et avant tout, une question de volonté, de convictions, de persévérance, de sacrifices et surtout, de valeurs communes entre le secteur public, l’entreprise et le citoyen, a-t-il conclu.
Ce colloque international est organisé les 19 et 20 octobre par l’Association des Membres de l’Inspection Générale des Finances (AMIF) en collaboration avec le ministère de l’Economie et des Finances (MEF).
Au menu de ce conclave, organisé sous le Patronage du Roi Mohammed VI, plusieurs panels et débats consacrés notamment au rôle des institutions dans la reconsidération du modèle de développement marocain, la vision politique du modèle de développement et la place de la société civile et des universitaires dans ce domaine.
A l’effet d’avoir des regards, lectures et approches croisés et enrichissants, cet événement connaît la participation des secrétaires généraux de partis politiques, des institutionnels, des représentants de la société civile, des enseignants chercheurs ainsi que des personnalités étrangères et experts internationaux.




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