Akhennouch, une première sortie plus ou moins réussie

C’est un Abdelaziz Akhennouch, tiré sur quatre épingles et bien mis sur ses trente et un et surtout bien préparé que les Marocains ont découvert à l’occasion de sa première sortie médiatique depuis son accession à la présidence du Rassemblement National des Indépendants. L’enfant de Tafraout et le fils de Ahmad Oulhaj sait qu’il sera épinglé sur la moindre faille et a tenu à rester maitre du plateau de Abdallah Tourabi lors de l’émission dominicale, « A bâtons rompus avec la presse. »

Une chose est sûre, Akhennouch se prépare pour la prochaine phase, celle de l’après PJD. Mais tant que ce dernier n’est pas définitivement enterré, il ne faudra pas trop le presser. Akhennouch devait le savoir et a tenu tout au long de la prestation à en tenir compte. Face au sympathique Mehdi Mechbal, red chef de Telquel et de Mohamed Belgassem journaliste de Hespress, l’actuel ministre de l’Agriculture et de la pêche a tenu à rester à l’écart de tous les dossiers qui fâchent, y compris la polémique avec le tonitruant leader des islamistes, l’ancien chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane que le patron d’AKWA a épinglé doucement en l’accusant de dédoublement de langage et indirectement de populisme.

Mais le hic est venu, actualité oblige et en dépit des précautions prises par Abdellah Tourabi, le chef de l’émission, de la décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui a décidé de remettre en question l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc. En effet, entre la déclaration de Akhennouch au lendemain de la décision de la CJUE et la réaction officielle du Maroc, annoncé par le très effacé Saad Eddine El Othmani, il y a une énorme différence. Le ministre de l’Agriculture et de la pêche, tout comme le ministre des Affaires étrangères, Nesser Bourita, avait essayé de minimiser l’importance de la décision de la CJUE, avant que le chef de Gouvernement n’annonce la décision solennelle du Maroc qui consiste à rejeter en bloc tout accord avec l’UE qui porte atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc. Cela nous rappelle la fameuse Volte-face de l’ancien premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la coopération, geu Abdellatif Filali, qui avait paraphé un accord ave l’UE sur le même sujet avant de se rétracter sur décision de Hassan II et de renier son paraphe.

En conclusion, Akhennouch a réussi à convaincre son audience mais sans convaincre quant à sa volonté réelle à rompre avec les anciennes pratiques. Affaire à suivre…




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