Algérie : le mandat de tous les dangers

Les étudiants ont manifesté à travers l’Algérie dimanche, à quelques heures de l’enregistrement prévu de la candidature à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, qui fait face à une contestation inédite depuis son arrivée au pouvoir il y a 20 ans.
Le camp présidentiel avait annoncé que le dossier de candidature de Bouteflika serait bien déposé dimanche 3 mars avant minuit (23H00 GMT), délai légal de dépôt des dossiers, malgré de premières manifestations d’ampleur, le 22 février, contre un 5e mandat.
Depuis, la contestation a enflé, notamment vendredi, où des manifestations monstres ont rassemblé à Alger et à travers le pays des dizaines de milliers d’hommes et femmes de tous âges. Mais le président et ses partisans semblent décidés à ne pas céder à la rue.
Samedi, le cabinet du candidat Bouteflika a publié le patrimoine de ce dernier, comme l’exige des candidats la loi électorale. Il a également limogé son directeur de campagne Abdelmalek Sellal, 70 ans, un fidèle qui fut son Premier ministre et avait dirigé les trois précédentes campagnes (2004, 2009, 2014), pour le remplacer par, par Abdelghani Zaalane, ministre des Transports de 54 ans, haut fonctionnaire issu de l’administration préfectorale et peu connu du grand public.
Le retour en Algérie de Bouteflika, n’a toujours pas été annoncé, à moins de 12 heures de l’expiration du délai d’enregistrement des candidatures.
Plusieurs personnalités, dont des politiciens, des artistes, des activistes des droits humains et différents cadres de l’Etat, se sont jointes à la « marche millionnaire » organisée après la prière de vendredi en Algérie contre un 5ème mandat du président sortant, Abdelaziz Bouteflika.
Le premier à faire son apparition à la Place Maurice-Audin était l’actuel président du parti « Talaï El Hourryat », Ali Benflis. Le potentiel candidat à l’élection présidentielle du 18 avril a déclaré que son parti « soutient totalement les revendications des manifestants ».
Après avoir animé une conférence de presse où elle a annoncé que le Parti des Travailleurs (PT) qu’elle préside prendra, demain samedi, sa décision concernant sa participation à l’échéance présidentielle, Louiza Hanoune a rejoint les manifestants au centre d’Alger.
Un peu plus loin de Louiza Hanoune, se trouvaient Mohcène Belabbès, président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), aux côtés du fondateur de ce parti et son ancien président, Saïd Saâdi.
M. Belabbès a indiqué que le RCD a, de tout temps, contesté le pouvoir actuel, étant son principal opposant. « L’opposition du RCD au pouvoir actuel a été toujours argumentée. Le temps est venu pour le peuple algérien de dire ‘Stop’ », a-t-il relevé avant d’insister sur le rôle des Algériens de s’opposer à ce « mandat de la honte et à demander du changement ».
L’égérie de la Révolution algérienne, Djamila Bouhired, était, elle aussi, présente pour rejoindre les manifestants dès le début des marches de ce vendredi à Alger. Habituellement discrète, l’ancienne collaboratrice du chef de la Zone autonome d’Alger durant la guerre d’Algérie s’est contentée de déclarer : « C’est une nouvelle indépendance qui se profile à l’horizon pour l’Algérie ».




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