La consolidation de la culture de non-violence au profit des femmes 

La consolidation de la culture de la non-violence à l’égard des femmes est tributaire de l’adaptation des législations et des politiques publiques à la réalité de la protection des femmes contre la violence, ont estimé les participants à la 3è édition du Forum de l’association régionale de l’Union nationale des femmes du Maroc (UNFM), tenue samedi à Salé sous le thème « Culture de non-violence au profit des femmes: vision prospective ».

Les participants ont appelé à encadrer la culture de non-violence à travers l’élaboration de stratégies claires pour définir la violence contre les femmes, renforcer les mécanismes liés au rôle des médias dans ce domaine, notamment les médias publics, l’autonomisation économique des femmes, la mobilisation de la société pour diffuser la culture de la non-violence, la révision des programme pédagogiques, la consolidation de la culture de communication et l’adoption de la parité dans l’accès au postes de responsabilité.

Dans ce cadre, ils ont également souligné la nécessite de lutter contre la violence à l’égard des femmes, sous toutes ses formes, appelant à la multiplication des efforts des établissements publics pour la consolidation de la culture de la non-violence, à l’encouragement des entreprises féminines, l’élaboration des outils de communication des différentes tranches d’âge dans ce domaine et la correction de l’image de la femme dans les médias.

Les participants ont de même plaidé pour la mise en place d’une commission de coordination chargée de lutter contre la violence, ainsi que l’institutionnalisation du rôle de la médiation familiale et la création d’un réseau national et régional pour consolider la culture de non-violence à l’égard des femmes.

Cette réunion constitue le prolongement de la rencontre nationale, tenue sous le thème « Culture de non-violence au profit des femmes: vision prospective », sous la présidence de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, à l’occasion de la journée mondiale de la femme, et se veut une contribution à la diffusion de la culture de non-violence à l’égard des femmes et aux efforts de lutte contre ce fléau qui porte atteinte aux droits fondamentaux des femmes, a indiqué à cette occasion la présidente de l’Association régionale de l’UNFM à Salé, Chems Doha Alaoui Ismaïli.

Dans ce contexte, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, qui intervenait sur le thème: « Le rôle des médias dans la consécration de la culture de non-violence au profit des femmes », a mis l’accent sur le rôle qui incombe aux médias dans la lutte contre ce fléau, mais aussi dans la tolérance envers ce phénomène et sa diffusion en tant que culture rejetée au sein de la société.

M. El Khalfi a également souligné qu’en dépit de leur abondance au niveau quantitatif, les études sociologiques dans ce domaine restent limitées sur le plan qualitatif et se contentent de fournir des données gonflées ou inexactes.

Rappelant que le dernier rapport publié par une organisation internationale au cours de l’année en cours s’est basé sur des données datant de 2009, il a ajouté que le rôle des médias dans la consolidation de la culture de non-violence à l’égard des femmes se limite à trois axes.

Le premier, relatif à la révolution des technologies de l’information, constitue un défi important, dans la mesure où il devrait offrir l’opportunité de lutter contre la culture de non-violence en général, et à l’égard aux femmes, en particulier, et non un champ où prédomine la normalisation de la culture de violence à l’égard des femmes et la cohabitation avec ce fléau.

Le deuxième axe concerne le volet juridique, a expliqué M. El Khalfi,  faisant état dans ce cadre du lancement de quatre réformes au niveau du  ministère de la Communication, en l’occurrence la loi n  03-77 relative à la  communication audiovisuelle, qui a été approuvée, l’amendement de l’article  ayant trait au durcissement de la peine pour discrimination raciale dans le  Code pénal, le code de la presse et de l’édition qui comporte pour la première  fois un article relatif à ce sujet, et la loi relative à la lutte contre la  violence à l’égard des femmes.
Le fait de combler le vide législatif dans le sens de durcir les peines pour  atteinte et violence à l’encontre des femmes constitue la première étape dont  le succès est tributaire d’autres actions d’ordre morale et institutionnel, a  dit le ministre, rappelant le lancement pour la première fois d’une dynamique à  travers l’adoption de texte de loi dans ce domaine.
Par ailleurs, le ministre a conclu que la problématique des femmes et des  médias est liée au changement technologique qui constitue une grande menace, et  aux efforts menés sur les plans juridique et institutionnel et qui représentent  une opportunité pour faire face à ce défis.
Pour sa part, Amina Bouayach, secrétaire générale de la Fédération  Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) a précisé dans une intervention sur  « la violence et les droits de l’Homme », que la vision prospective de la lutte  contre la violence à l’égard des femmes a généré une transformation dans la  conception sociale et culturelle et a posé la problématique d’aborder ce sujet  d’une manière « audacieuse », faisant savoir qu’une étude publiée récemment  indique que 6 sur 10 Marocaines sont victimes de violence parmi lesquelles 3 pc  portent plainte, dont 1 pc seulement est instruite.
La militante des droits de l’Homme a fait remarquer en outre que les  mécanismes de prévention de ce phénomène ne permettront pas d’entrevoir des  résultats positifs dans les prochaines années, qualifiant de « fondamental »  le  droit des femmes à mener une vie sans violence.
La loi sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes approuvé  récemment, n’a pas pris en considération la définition de la violence figurant  dans la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes  adoptée en 1993, a ajouté Mme Bouayach, selon laquelle ladite loi n’a pas  clairement défini les relations de coopération et de coordination entre les  intervenants institutionnels et les acteurs de la société civile.
Quant à Abderahim Laâtri, professeur de sociologue à l’Université Sidi  Mohammed Ben Abdellah de Fès, a fait état dans une intervention sur « la femme,  la violence et l’abondance de développement, quelle relation? », du niveau  insuffisant de l’autonomisation politique et administrative des femmes et leur  faible présence au sein des institutions politique et parlementaire, malgré  leur proportion importante sur le plan démographique (19 millions contre 15  millions d’hommes, selon le dernier recensement général de la population en  2014).
De son côté, le secrétaire général de la Ligue des Oulémas du Maroc, Ahmed  Abbadi a appelé, dans une intervention sur « le rôle des oulémas dans la  diffusion de la culture consacrant la tolérance », prononcée en son nom, à  lancer des stratégies d’action et à mettre l’accent sur la dimension cognitive  et éducative pour lutter contre la violence à l’égard des femmes et dresser un  inventaire des concepts et des données religieuses à ce sujet.
Parallèlement à cette rencontre, un hommage a été rendu à plusieurs  personnalités et institutions sociales en reconnaissance à leurs services et  actions dans les domaine associatif et social.
Il a été également procédé au cours de cette rencontre à l’organisation  d’une exposition de produits d’artisanat des coopératives relevant de  l’association régionale relavant de l’UNFM, ainsi que la présentation de toiles  incarnant les dimensions de la culture de non-violence au profit des femmes.




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