La justice allemande demande à la presse les « Panama papers »

Le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, a demandé, dans un entretien publié dimanche, à la presse de transmettre à ses services les « Panama papers » qui montrent comment de grosses fortunes utilisent des sociétés offshore pour dissimuler au fisc une partie de leur patrimoine.
Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung fait partie des 110 médias du monde entier qui ont entamé dimanche dernier la publication d’informations sur les clients du cabinet juridique panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la création de sociétés offshore dont les actionnaires et dirigeants restent souvent inconnus.
C’est le Süddeutsche Zeitung qui avait le premier reçu quelque 11,5 millions de fichiers de Mossack Fonseca, avant de les partager avec des confrères internationaux et le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).
Interrogé par le Tagesspiegel, Heiko Maas a déclaré que les enquêteurs du fisc et des juristes étudiaient déjà tous les indices disponibles liés à ce dossier et que plusieurs enquêtes étaient en cours.
« Si des documents importants étaient transmis aux autorités, cela aiderait à faire avancer la justice », a-t-il expliqué, ajoutant que cela se traduirait aussi par des recettes fiscales supplémentaires.
Il s’est dit optimiste sur la capacité des autorités à conclure avec la presse au moins un accord sur un échange de « certaines informations de valeur ».
Vendredi, une porte-parole du ministère allemand des Finances avait dit prendre acte de la volonté des médias ne pas transmettre les documents concernés aux autorités, en reconnaissant qu’ils en avaient le droit.
Egalement interrogé sur la lutte contre l’évasion fiscale, Heiko Maas n’a pas exclu que Berlin prenne des mesures unilatérales si les pressions internationales ne permettaient pas de mettre fin aux « manipulations criminelles ».
« Nous devrions suivre la suggestion importante de l’ex-chancelier Helmut Schmidt, qui veut interdire les dépôts financiers bénéficiant aux sociétés et aux personnes enregistrées légalement dans des paradis fiscaux et réglementaires », a-t-il dit.
Il a ajouté que l’Allemagne travaillait depuis longtemps déjà à renforcer la responsabilité des entreprises et des banques et il a jugé nécessaire de renforcer l’arsenal des sanctions, en promettant des propositions concrètes sur le sujet d’ici la fin de l’année.




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