L’Algérie s’est débarrassée de 10.000 migrants dans le désert

L’Algérie s’est débarrassée en catimini de 10.000 migrants subsahariens depuis 2016, lesquels sont abandonnés en plein désert au Niger, écrit jeudi le journal suisse « 24Heures ».
Citant des ONG de défense des droits de migrants, le quotidien indique que « les arrestations s’opèrent sans aucun contrôle d’identité et sur la base du délit de faciès, sous prétexte qu’on applique l’accord dit de rapatriement signé avec le Niger ». Amnesty International, poursuit-il, affirme que les migrants, lors de leur expulsion, « sont abandonnés par les autorités dans une localité du côté nigérien de la frontière ». Pire, ils devraient marcher en plein désert dans une zone frontalière peu hospitalière.
En outre, des témoins contactés par le journal se plaignent des interminables difficultés qu’ils éprouvent au quotidien dans ce pays.
« Nous nous cachons de plus en plus dans des bâtisses en chantier ou chez d’autres migrants installés depuis plus longtemps, mais nous ne pouvons plus travailler et circuler comme avant », témoigne Jean, Camerounais arrivé récemment en Algérie après avoir traversé le désert.
Il raconte qu’il a pu d’abord travailler comme maçon pour un entrepreneur algérois avant que celui-ci ne lui demande de quitter son travail de peur des descentes policières.
« Les malades n’osent plus aller à l’hôpital car il y a eu des arrestations. Les mères craignent de sortir faire leurs courses, alors que les hommes évitent de retourner à leur travail », déplore une militante pour les droits des migrants citée par le journal, soulignant que les expulsions font que les migrants vivent cloîtrés chez eux.
L’an dernier, le Comité des Nations unies pour les droits des travailleurs migrants a exigé de l’Algérie des clarifications sur la situation des exilés et leurs accès aux soins et à la scolarité pour les enfants. Ce sont-là des inquiétudes auxquelles les autorités algériennes devraient apporter des réponses au cours de l’année 2018, selon le journal. « Elles agissent dans une sorte de flou juridique en l’absence d’une loi claire sur l’asile », conclut-il.




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