L’hebdomadaire allemand Der Spiegel porte plainte contre son journaliste falsificateur

L’influent hebdomadaire allemand Der Spiegel a déclaré dimanche porter plainte contre un de ses anciens journalistes, le soupçonnant d’avoir détourné des dons en faveur d’orphelins syriens mis à l’honneur dans l’un de ses articles dont la crédibilité est elle-même en cause.

L’hebdomadaire a annoncé dimanche être en possession d’informations selon lesquelles Claas Relotius -journaliste vedette du titre, déchu pour falsification- aurait lancé une collecte d’argent auprès de ses lecteurs pour aider ces victimes dont le sort était évoqué dans l’un de ses articles, mais aurait fourni aux donateurs ses coordonnées bancaires personnelles.

« Der Spiegel donnera toutes les informations qu’il a réunies au parquet, dans le cadre d’une plainte », a annoncé le magazine sur son site internet.

Claas Relotius avait admis avoir imaginé des histoires et inventé de toutes pièces des personnages dans une douzaine d’articles. Le scandale a été révélé mercredi par le magazine allemand, après que le journaliste de 33 ans a démissionné le 16 décembre.

Des lecteurs inquiets ont alors signalé ces derniers jours à la rédaction l’appel aux dons de M. Relotius en faveur d’orphelins syriens vivant dans les rues en Turquie, héros d’un de ses articles publié en juillet 2016.

Le journaliste aurait lancé l’appel aux dons par e-mail auprès des lecteurs qui lui avaient écrit au sujet de ce reportage falsifié. Un photographe turc qui avait travaillé avec lui sur cet article a depuis signalé d’importantes inexactitudes.

L’hebdomadaire a déclaré avoir la conviction désormais que M. Relotius avait complètement inventé les personnages principaux de ce reportage, que l’article décrivait comme des membres d’une même fratrie. Il nie avoir été au courant de cette campagne et ne sait pas pour le moment combien d’argent exactement a été collecté.

L’ancien journaliste vedette, qui avait été récompensé à plusieurs reprises, avait ensuite décrit ses efforts pour aider ces enfants dans plusieurs articles, relatant son combat de plusieurs mois pour les faire émigrer en Allemagne afin qu’ils soient adoptés. Ce serait aussi un mensonge, selon l’hebdomadaire.

Dans son dernier numéro paru samedi, la publication estime que ces falsifications constituent « le pire de ce qui peut arriver à une rédaction ». Elle a présenté ses excuses et a promis de « tout faire afin de regagner en crédibilité », reconnaissant les dégâts que cette affaire cause à la confiance accordée au journal et aux médias en général.




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