Maroc-Espagne: 155 migrants forcent le mur de Sebta

Un groupe de 155 migrants africains est parvenu à pénétrer vendredi dans l’enclave occupée de Sebta, dans le nord du Maroc, en franchissant la haute clôture hérissée de barbelés, a annoncé à l’AFP un porte-parole de la préfecture locale.
« Tous sont originaires d’Afrique subsaharienne, la majorité de Guinée Conakry », a précisé ce porte-parole.
Ils ont franchi la clôture frontalière à l’aube, à la faveur du brouillard, selon le porte-parole de la préfecture. « Certains ont escaladé la clôture, d’autres ont cassé l’une de ses portes » pour passer.
Douze gardes civils qui tentaient de les intercepter ont été « légèrement blessés » à coups de pierres et de bâtons tandis que 16 migrants ont reçu des soins pour des blessures et coupures, selon la préfecture.
C’est la première fois depuis un an que des migrants parviennent à forcer la haute clôture surmontée de barbelés coupants qui sépare la ville marocaine occupée par l’Espagne, selon la préfecture.
Les deux présides occupés au Maroc, Sebta et Melilia, forment les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique.
Depuis le début de l’année, 3.427 migrants sont parvenus à y entrer par voie terrestre, soit 18,1% de moins qu’en 2018, selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur.
Huit jeunes migrants sont restés perchés au sommet de la clôture pendant quelques heures vendredi, criant, pleurant et implorant pour que la Garde civile les laisse passer, selon le média local El Faro. La préfecture a indiqué qu’ils seraient « renvoyés au Maroc ».
En revanche, « on ne sait pas si les 155 seront renvoyés vers le Maroc, le ministère de l’Intérieur décidera », a indiqué l’autorité coloniale de Sebta.
En août 2018, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez avait fait renvoyer vers le Maroc 116 migrants africains, dès le lendemain de leur entrée en force à Ceuta.
Ces refoulements « à chaud », justifiés par la réactivation d’un accord conclu en 1992 avec le Maroc, sont vivement dénoncés par les ONG de défense des droits des migrants.
En septembre 2018, le Conseil de l’Europe avait rappelé à l’Espagne que les migrants franchissant les clôtures devaient « être protégées contre le refoulement et les expulsions collectives ».
Par ailleurs, quinze migrants qui avaient été secourus début août au large de la Libye par le bateau Open Arms ont débarqué vendredi dans le sud de l’Espagne, où un navire militaire les a ramenés d’Italie qui refusait de les accueillir.
L’Espagne, qui était devenue en 2018 la première porte d’entrée de l’immigration clandestine en Europe, a été dépassée cette année par la Grèce, selon l’Organisation internationale pour les migrations.
Selon le gouvernement, 14.591 migrants sont arrivés clandestinement par la mer en Espagne depuis janvier, soit 42,5% de moins que l’an dernier.




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