Moins d’un mois après sa visite en Chine, Kim Jong-Un, suspend ses tests nucléaires

La Chine félicite l’annonce faite par Kim Jong-Un, le leader nord-coréen, de gel des tests nucléaires et des lancements de missiles balistiques. Pékin a assuré soutenir le développement économique et la dénucléarisation de la péninsule coréenne, a indiqué samedi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

«Nous soutiendrons la Corée du Nord au travers du dialogue et de consultations avec les parties concernées afin de trouver une solution à ses inquiétudes et d’améliorer les relations mutuelles», a déclaré le porte-parole Lu Kang.

«Nous espérons que toutes les parties feront un pas dans la même direction et prendront des mesures concrètes en faveur de la paix et du développement commun dans la région», dit encore le communiqué.

Rappelons que le leader nord-coréen Kim Jong Un a annoncé suspendre les tests nucléaires et lancements de missiles du régime ainsi que la fermeture d’un site de tests nucléaires, rapportent samedi les agences de presse sud et nord-coréennes.

«  A partir du 21 avril, la Corée du Nord va cesser les tests nucléaires et lancements de missiles balistiques intercontinentaux  », a communiqué l’agence de presse étatique de Corée du Nord, KCNA, citée par l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. «  Le Nord va procéder à la fermeture d’un site de tests nucléaires dans le nord du pays pour prouver sa volonté de suspendre les tests nucléaires  », poursuit la communication, attribuée au leader du régime isolé, Kim Jong Un.

Cette annonce intervient moins d’une semaine avant le sommet prévu entre Pyongyang et Séoul qui préfigure un sommet historique qui devrait avoir lieu entre Kim Jong Un et le président américain Donald Trump, en principe début juin.

«  Comme le caractère opérationnel des armes nucléaires a été vérifié, il n’est plus nécessaire pour nous de mener des essais nucléaires ou de lancer de missiles à moyenne et longue portée ou ICBM  » (missiles balistiques intercontinentaux, ndlr), a dit Kim Jong Un lors de la réunion du parti unique.

Peu après cette annonce, le président américain Donald Trump s’est empressé de saluer une «  très bonne nouvelle pour la Corée du Nord et le monde  », dans une réaction postée sur le réseau social Twitter. Il a ajouté qu’il y voyait «  un grand progrès  » qu’il était se réjouissait du sommet prochain prévu avec le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Cette annonce intervient moins d’un mois après une visite très secrète du leader nord-coréen par train à Pékin. En effet, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s’est bien rendu à Pékin pour une visite d’une durée de 24 heures, ce qu’ont confirmé le 28 mars la presse nord-coréenne et les médias chinois. L’arrivée d’un mystérieux train blindé nord-coréen dans la capitale chinoise avait soulevé de nombreuses spéculations depuis la veille. Selon la presse officielle chinoise, Kim Jong-un a confirmé auprès du président chinois Xi Jinping sa volonté d’organiser un sommet avec le président américain Donald Trump. Il aurait aussi déclaré que « la question de la dénucléarisation de la péninsule pouvait être résolue ».

« Nous avons toujours été engagés en faveur de la dénucléarisation », a souligné Kim Jong-un, vêtu d’un costume Mao. Celui qui a menacé d’attaquer les Etats-Unis se dit aujourd’hui prêt à dialoguer avec les Américains et à tenir un sommet entre les deux pays. « La dénucléarisation de la péninsule coréenne peut aboutir si la Corée du Sud et les Etats-Unis répondent avec bonne volonté à nos efforts », a-t-il déclaré.

Sa première rencontre avec Xi Jinping doit faciliter la paix « en ce printemps plein de bonheur et d’espoir », a également assuré le tonitruant voisin de la Chine qui avait exaspéré Pékin avec ses déclarations guerrières.

« La Chine appelle toutes les parties à améliorer les relations intercoréennes et à faciliter les pourparlers de paix », a répondu Xi Jinping qui a assuré que son pays jouera « un rôle constructif » et misera sur « le dialogue et la consultation » pour résoudre la crise sur la péninsule coréenne.

Sortir de l’isolement diplomatique

Kim Jong-un sortait des frontières de son pays et rencontrait un chef d’Etat étranger pour la toute première fois depuis son accession au pouvoir fin 2011. Ce tête à tête avec Xi Jinping lui a permis avant tout de se coordonner avec son principal allié et de le rassurer, avant les sommets cruciaux prévus avec le président sud-coréen et surtout avec le président américain Donald Trump.

En se rendant à Pékin, Kim Jong-un montre aussi qu’en dépit des sanctions, il n’est pas si isolé diplomatiquement, ce qui lui permet d’aborder ces futurs sommets dans une meilleure position de négociation. Le dirigeant nord-coréen a peut-être aussi cherché des garanties de sécurité de la part de Pékin, alors que les Etats-Unis continuent de considérer l’option militaire pour résoudre la crise nucléaire.

Les relations entre les deux alliés s’étaient beaucoup dégradées depuis que la Chine applique avec rigueur les sanctions internationales visant à obliger la Corée du Nord à renoncer au nucléaire. Alors que les pourparlers de dénucléarisation approchent et que les sanctions frappent durement son économie, le régime nord-coréen a plus que jamais besoin de se réconcilier avec son « grand frère » chinois.

Kim Jong-un a même invité Xi Jinping à se rendre à Pyongyang, une invitation que ce dernier a acceptée.

Le président américain s’était d’ailleurs félicité de cette rencontre entre les dirigeants chinois et nord-coréen qui s’est « très bien » passée selon lui.




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