Résultats provisoires du 1er Tour de l’Election Présidentielle tunisienne

Par Brahim Fassi Fihri, President and Founder, Amadeus Institute,
article publié sur le compte www.linkedin.com/in/brahimfassi/detail/photo/

Dans l’attente des résultats officiels du premier Tour de l’Election Présidentielle tunisienne, les premières tendances permettent de tirer plusieurs enseignements :

 

1) Malgré une campagne électorale innovante marquée par la série de débats télévisés, le taux de participation sera, semble-t-il, inférieur à 50%, ce qui dénote d’une forme de scepticisme certain de la part de nos frères et sœurs tunisiens à l’égard de l' »offre » politique qui leur a été proposée.

2) Ce scepticisme se confirme à la lecture des résultats provisoires, puisque les deux candidats probablement qualifiés au deuxième tour sont des novices en politique. Ils n’ont ni réels programmes économiques ni aucune forme d’assise partisane.

3) Les candidats issus des partis traditionnels qui ont émergé à la suite de la Révolution, mais également ceux qui ont occupé un poste de responsabilité par le passé ont massivement été rejetés par les tunisiens.

4) Quid de Nabil Karaoui ? Qualifié de populiste par de nombreux observateurs, ce dernier est toujours incarcéré. Sa présence au second tour de l’Élection Présidentielle impose sans doute sa libération. La clé du second tour de cette Élection réside dans cette libération, ou dans son absence, et dans les conditions qui l’entoureront le cas échéant.

5) Malgré le rejet par les électeurs des acteurs politiques traditionnels ces derniers seront les faiseurs de Roi, tant le jeu des ralliements sera décisif dans l’élection du futur Président de la Tunisie.

6) La spécificité du Processus électoral tunisien, dont l’agenda a été modifié à la suite du décès du Président Beji Caïd Essabsi, réside dans le fait que les élections législatives auront lieu entre les deux Tours de la Présidentielle. Malgré le rejet des partis constaté aujourd’hui, les législatives risquent d’offrir une carte politique totalement différente de celle qui nous ait proposé au soir de ce premier Tour. Si certains observateurs qualifient Kais Saied de proche du parti Ennahda, annoncé comme le principal favori des législatives surtout si le taux de participation reste aussi faible qu’aujourd’hui, Nabil Karaoui est quant à lui en totale opposition avec l’ensemble des grands partis tunisiens. Or, la nature du régime semi-présidentiel tunisien impose une entente quasi parfaite entre le Président et la force politique principale issue du Parlement pour éviter toute forme de crise politique ou institutionnelle. Dans un pays qui connait une situation économique difficile cette entente est plus indispensable que jamais ! Dans l’attente des résultats des prochaines échéances électorales je souhaite exprimer, ce soir, à mes nombreux amis tunisiens tous mes vœux fraternels de succès pour la Tunisie!




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