Sahara : le Centre Pompidou suspend la présentation d’un livre de propagande pro-polisario 

Le Centre Pompidou en France a dû suspendre la présentation d’un livre de propagande comportant des photos d’archives sur le conflit du Sahara , à la suite de critiques de milieux culturels et de médias marocains et français, a indiqué mardi à l’AFP le musée parisien, regrettant une fâcheuse « instrumentalisation ».
« Ayant constaté ces derniers jours une forme d’instrumentalisation politique de la présentation de ce document, il n’était manifestement plus possible de le présenter au public sans l’accompagner d’un appareil critique et d’une médiation spécifique, ce qui n’était pas l’objet ici. Nous avons donc décidé de suspendre sa présentation », a indiqué le service de presse du musée.
Plusieurs instances marocaines et française avaient exprimé leur désapprobation de cette attitude hostile de la part d’un haut lieu de la culture de l’Hexagone. C’est le cas par exemple de Mehdi Qotbi, président de la Fondation marocaine des musées, qui a adressé une lettre au président du Centre Georges Pompidou, Serge Lasvignes, accusant le musée de participer à une « propagande algéro-polisarienne », en acceptant de montrer des photos recueillies par des membres du Front Polisario sur les cadavres de soldats marocains tombés dans ce conflit, montrant notamment des membres de leurs familles. Dans ce courrier daté du 2 novembre, Mehdi Qotbi écrit: “Au Maroc, c’est la consternation dans les milieux artistiques et politiques tellement le Centre est placé en haute estime. C’est une incompréhension réelle sur la motivation de votre institution à participer à la propagande d’un mouvement séparatiste financé notoirement par l’Algérie”.

L’affaire avait éclaté vendredi dernier suite à la parution d’une dépêche de l’agence de presse algérienne APS, intitulée “Le Centre Georges-Pompidou consacre une galerie à la lutte du peuple sahraoui” et annonçant qu’une galerie du Centre expose des photos récupérées chez des éléments des Forces armées marocaines, faits prisonniers de guerre par les factions armées de l’Etat fantoche.Cet ouvrage, intitulé « Necessita dei volti » (« Nécessité des visages »), a été réalisé par un collectif d’activistes principalement italiens acquis à la cause des séparatistes, a précisé le musée.
Il comportait un ensemble de photographies réalisées à partir d’archives consacrées aux années de conflit dans le Sahara manipulées par un musée officiel algérien.
Ce livre « était temporairement présenté en contrepoint d’un film d’une artiste daghestanaise sur la difficulté de transmettre son patrimoine dans son pays », a argumenté le musée.




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