Thermomix, la saga du robot-cuiseur franco-allemand

Le robot à tout faire TM5 s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires cette année. Un jackpot pour son concepteur, la PME allemande Vorwerk.

 

A n’en pas douter, l’objet un rien encombrant trouvera ce jeudi sa place au pied de bon nombre de sapins de Noël en France et ailleurs. Le robot-cuiseur Thermomix, fabriqué par la PME allemande Vorwerk, à Wuppertal, s’apprête à faire un carton en ces fêtes de fin d’année. Lancé en 2014, l’appareil de dernière génération, le TM5, se sera vendu cette année bien au-dessus du million d’exemplaires, malgré un prix salé, supérieur à 1.100 euros.Le chiffre d’affaires généré par la division « robot » de Vorwerk va avoisiner les 1,5 milliard d’euros – un record . Et l’année 2016 promet déjà d’être faste avec des innovations et les débuts commerciaux du TM5 aux Etats-Unis, sur lequel la société allemande a de fortes ambitions.

L’origine du robot-cuiseur TM est un exemple de coopération franco-allemande. Vorwerk avait investi au début des années 1970 dans un site de production à Cloyes-sur-le-Loir (Eure-et-Loir), produisant des mixeurs et aspirateurs. Alors qu’une soupe à la tomate était servie pendant un repas de direction pris sur place, un commercial allemand a suggéré à son collègue français de concevoir un appareil capable à la fois de mixer et de cuire les légumes. Peu de temps après, le Thermomix était né. Cloyes-sur-le-Loir est aujourd’hui le premier centre de production du robot, devant Wuppertal, où une seconde ligne de production est en cours de montage.

A l’origine, une société de tapis et moquettes

Tout n’aura pas été simple cependant. « Au départ, les ventes ont démarré lentement, principalement en France, plus tard en Italie et en Espagne. Le boom à l’international a commencé dans les années 2000 » tandis que se multipliaient partout les émissions TV culinaires, raconte Reiner Strecker, associé gérant du groupe d’électroménager. Jusqu’au succès inattendu du TM5. Grâce notamment à la fonction nouvelle de « cuisine assistée » faisant que le cuisinier, novice ou chef étoilé, n’a qu’à suivre les instructions défilant sur l’écran tactile de l’appareil. Pionnier en la matière, Vorwerk est depuis imité par d’autres.

A son origine, il y a cent trente ans, le groupe fabriquait des tapis et moquettes, ce qu’il continue de faire. Sa renommée s’est faite aussi sur une gamme d’aspirateurs (Kobold). Le succès passe aussi par des produits cosmétiques et une banque propre. Mais, aujourd’hui, le TM5 est devenu le premier contributeur aux ventes de Vorwerk et devrait générer la moitié du chiffre d’affaires de la société allemande.

Une clef wifi en 2016

Pourtant, un test récent publié par une revue de consommateurs a semé le trouble en classant le TM5 derrière ses concurrents Kenwood, Kitchen Aid et Krups. En cause, les décibels élevés de l’appareil, qui mouline bien plus vite que les autres. Le puissant moteur électrique reste « au cœur de notre compétence », martèle Reiner Strecker, qui estime que ledit test ne devrait pas avoir d’impact sur les ventes. Elles devraient même recevoir un coup de pouce avec la commercialisation à partir de 2016, notamment en France, d’une clef wifi pour transmettre des milliers de recettes vers le robot. A l’avenir, la machine ­connectée pourrait couvrir le cycle entier de la cuisine. « Il est possible d’envoyer la liste d’ingrédients d’une recette sur son smartphone. Cette liste pourrait être envoyée demain au supermarché qui vous livrerait les articles », explique Reiner Strecker.

Cela donnerait un argument de plus aux vendeurs directs du produit, exclusivement placé lors de réunions privées. Une stratégie de commercialisation qui est la marque de fabrique de Vorwerk. « Nos conseillères et conseillers sont notre meilleur outil marketing », sourit le dirigeant. Cette force de vente – près de 35.000 personnes dans le monde ! – rémunérée à la commission revient bien moins cher à Vorwerk que des distributeurs classiques. Peu à peu, le fabricant ouvre des espaces de vente propres. La commande du client prise sur place sera livrée quelques semaines plus tard. Plus d’une soixantaine de « shops » sont ainsi visés en Allemagne, et d’autres pays doivent suivre.




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