Trump envoie, Heather Nauert, une novice à l’ONU

Actuellement porte-parole du département d’État, elle était auparavant présentatrice sur la très influente chaîne d’information Fox News. Elle doit succéder à Nikki Haley, qui avait annoncé en octobre son départ à la fin de l’année.
Donald Trump a choisi Heather Nauert, 48 ans, actuelle porte-parole du département d’État, pour succéder à Nikki Haley à la tête de la représentation américaine à l’ONU. Une promotion considérable pour cette ancienne journaliste qui n’avait aucune expérience de la politique ou des affaires étrangères jusqu’à l’an dernier.
Ancienne présentatrice de Fox & Friends sur Fox News, l’émission fétiche du président, cette personnalité télégénique avait les faveurs de Trump depuis qu’Haley avait annoncé en octobre sa décision de quitter son poste à New York à la fin de l’année. L’ancienne gouverneur de Caroline du Sud n’avait elle aussi qu’une expérience internationale limitée mais elle s’était rapidement imposée comme une voix écoutée de la diplomatie américaine. Elle avait rang de ministre, après avoir été considérée pour le poste de secrétaire d’État – Trump lui avait finalement préféré Rex Tillerson.
Si Heather Nauert était exclue du premier cercle de décision dans le département d’État de Tillerson, elle a su gagner la confiance de son successeur, Mike Pompeo, lui-même beaucoup plus proche du président. Nauert a en outre bénéficié de sa proximité avec Ivanka Trump et Jared Kushner, fille, gendre et conseillers de Trump. Elle avait été promue en mars sous-secrétaire d’État par intérim à la diplomatie publique. À l’instar de Sarah Sanders à la Maison-Blanche, elle a considérablement réduit le rythme des conférences de presse au département d’État, autrefois quotidiennes.
Accompagnant Pompeo le mois dernier en Arabie saoudite pour une mission sensible après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, Heather Nauert avait cru bon de poster sur les réseaux sociaux des photos d’elle en touriste souriante à Riyadh. Donald Trump a passé en revue d’autres options, notamment Dina Powell, ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale, Kelly Craft, l’ambassadrice au Canada, Richard Grenell, ambassadeur en Allemagne, et John James, candidat républicain au Sénat battu le 6 novembre dernier. Comme souvent, il est in fine revenu à sa première idée.
Le choix de Heather Nauert pourrait toutefois s’accompagner d’une «dégradation» de la fonction. Elle ne serait pas membre du cabinet et serait placée sous la responsabilité hiérarchique du secrétaire d’État. Mike Pompeo, ainsi que le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton – qui a lui-même été ambassadeur à l’ONU sous George W. Bush -, pousseraient en ce sens. Cela pourrait faciliter le processus de confirmation de la future ambassadrice par le Sénat, qui risque de se montrer sceptique sur son pedigree. Trump testera ainsi la docilité de la Chambre haute, où sa majorité sera élargie en janvier.
À l’ONU, la nouvelle diplomate devra notamment maintenir la cohésion internationale autour de la politique nord-coréenne de l’Administration, et tâcher d’accroître le consensus autour de sa politique iranienne. Elle arrivera dans une institution méfiante de l’unilatéralisme trumpien et, réciproquement, fréquemment mise en cause par Washington pour son inefficacité ou sa mauvaise gestion. Les États-Unis se sont retirés de plusieurs entités onusiennes, de l’Unesco au Comité des droits de l’Homme, et ont réduit certaines de leurs contributions, notamment aux opérations de maintien de la paix.
De Madeleine Albright à John Negroponte, de Richard Holbrooke à Susan Rice, les ambassadeurs américains à l’ONU ont souvent été des poids lourds de la politique ou de la diplomatie. En comparaison, Heather Nauert fait figure de poids plume. Sa nomination souligne à nouveau l’influence disproportionnée de Fox News sur Donald Trump. Bolton y émargeait comme expert, Bill Shines, ancien responsable des programmes, est devenu directeur des communications de la Maison-Blanche et le présentateur vedette Sean Hannity s’entretient quasi quotidiennement avec le président.
William Barr, ancien de l’équipe Bush, devient ministre de la Justice
Le président américain Donald Trump a annoncé ce vendredi nommer au poste de ministre de la Justice William Barr, un juriste républicain respecté qui a déjà occupé cette fonction au début des années 1990 sous la présidence de George H.W. Bush.
«Depuis le début, je l’avais placé en tête de liste», s’est justifié Donald Trump. William Barr remplacera Jeff Sessions, que le président a limogé le mois dernier, faisant craindre une reprise en main de la très sensible enquête russe.




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