8e anniversaire de la disparition de Simon Lévy

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Jour pour jour, cela fait Huit ans que notre camarade Simon Lévy n’est plus parmi nous physiquement. Ses idées, sa production scientifique, son apport à la civilisation humaine sont plus présentes que jamais. En hommage à ce grand homme politique et à cet illustre Savant, qu’il me soit permis, d’apporter un témoignage sur son apport à la réflexion politique. Ayant eu la chance, à l’instar d’autres militants, de côtoyer notre camarade défunt, dans des réunions politiques et de suivre les cours de formation idéologique qu’il dispensait généreusement aux jeunes militants du parti, j’ai pu mesurer toute sa pédagogie et la profondeur de son savoir. Il avait l’art d’exprimer en des termes simples des problématiques d’une grande complexité. Tel fut le cas, autant que je me souvienne, de ses conférences sur la tactique et la stratégie, les alliances de classe, la gauche au Maroc, parti et syndicat. Ces thèmes et d’autres, qui demeurent d’actualité relèvent des fondamentaux pour notre parti. Et chaque militant se doit de les maîtriser pour être en parfaite symbiose avec la ligne politique et idéologique du parti.
Il tenait et croyait à l’union de la gauche au point d’en faire une religion. Je me rappelle d’une série d’articles qu’il avait publiés sur le sujet en réponse à certains comportements hégémoniques allant à l’encontre de cette union et qu’i avait intitulés « unitaires pour deux ».
Il tenait et croyait à la lutte organisée de masse. Et le lieu indiqué est bel et bien le syndicalisme dont il défendait l’unité car convaincu que la classe ouvrière est une et indivisible. Il incitait tous les membres du parti à adhérer aux organisations de masse pour faire du militant « ce poisson dans l’eau » formule chère à Mao Tsé Toung.
Pour lui, à l’instar d’Amilcar Cabral, pas de « pratique révolutionnaire, sans théorie révolutionnaire ». Il puisait ses sources dans tous les apports des différentes civilisations. De confession juive, et fier de l’être, il a su intégrer avec intelligence et créativité les apports des autres religions et civilisations au point d’être un précurseur du dialogue de civilisations. Avec Simon et grâce à lui, des générations entières ont appris que la contradiction fondamentale n’est pas celle qui oppose les religions et les cultures, thèse des fondamentalistes de tous bords, mais celle qui met en jeu des conflits d’intérêts politiques et économiques. C’est grâce entre autres à son apport et à celui d’autres militants de confession juive comme Edmond Amran El Maleh, Serfaty et d’autres que notre pays est considéré comme exemplaire dans le domaine de la coexistence des religions.
Homme de culture et de mémoire, il s’est engagé dans la préservation de la mémoire et de la culture judéo-marocaines en dirigeant le Musée du Judaïsme Marocain dont il était le Secrétaire général.
Homme de principe et de conviction. Il est resté fidèle à ses engagements en dépit des vicissitudes et des « tremblements idéologiques » provoqués par la chute du Mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS et la victoire de la pensée unique avec le consensus de Washington. Pour faire valoir ses convictions, il n’a pas eu recours à la voie de la facilité, mais il a préféré créer un courant à l’intérieur du PPS baptisé « la zilna aala attarik » qui signifie : « nous sommes toujours sur la voie ».
Oui Simon, nous sommes toujours sur la voie : celle du militantisme, de la lutte pour la justice sociale, de la dignité, de la libération des hommes et des femmes, de la solidarité et de l’amitié entre les peuples.
Reposes en paix, tu t’es acquitté comme il se doit de tes devoirs de citoyen. Le pays entier, tes camarades, tes amis, tes anciens étudiants et tous ceux qui t’ont connu et approché ne t’oublieront jamais.

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