Informer sans parti pris

A la Chambre des Conseillers, un groupe parlementaire fait fi du principe de parité

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De larges composantes du tissu défenseur des droits humains et de la femme en particulier, ont exprimé leur vif étonnement vis-à-vis de la décision prise par le groupe de la Confédération générale des Entreprises du Maroc (CGEM), au sein de la deuxième chambre, d’écarter l’unique représentante de la Femme au sein de cette instance, et de la remplacer par un autre Conseiller, prétextant un souci d’alternance durant l’actuelle législature (2016- 2021).

En effet, malgré les tentatives de justifications cherchant à envelopper cette manœuvre dans des considérations de «démocratie interne», il demeure évident qu’il s’agit d’un retour en arrière sur un acquis et une mesure saluée et qualifiée d’audacieuse à l’entame de cette législature.

Tout en dénonçant cette régression sur les acquis de la Constitution, qui plus est, au sein d’une institution censée produire le cadre juridique devant donner corps aux conventions internationales, ratifiées par le Royaume, ainsi qu’à la lettre et l’esprit de la Constitution, ces forces vives fustigent, de toute leur force, le silence radio des autres groupes parlementaires, et du Bureau de la deuxième chambre, dont la représentante du groupe CGEM a été la vice présidente.

Nous tenons également à exprimer notre profonde déception et notre vive condamnation du fait que la deuxième chambre ait choisi de renouveler ses instances dirigeantes, en faisant fi du principe de parité et en omettant son devoir de promouvoir le rôle des femmes parlementaires que ce soit au niveau du Bureau, des commissions permanentes ou encore des groupes parlementaires. Nous considérons que la discrimination et l’injustice envers les femmes touchent même les instances élues alors qu’elles sont censées servir de modèle et être les premières à pousser vers le changement des mentalités et la fin des préjugés discriminatoires.

Nous lançons un appel à la CGEM pour surseoir à sa décision arbitraire et réviser sa position qui constitue à nos yeux un recul et un reniement des acquis constitutionnels et démocratiques de notre pays, et notamment un programme de renouveau contre la discrimination de la femme.

Casablanca, le 25 octobre 2018, Communiqué du collectif de défense des droits des femmes
  • Fédération des Ligues de Droits des Femmes
  • Union de l’Action Féministe
  • Jossour
  • AMVEF
  • ADFM CASABLANCA
  • Réseau Femmes Solidaires
  • Association d’accueil d’écoute et d’orientation Al Hoceima
  • Réseau des associations de développement de la région Al Hoceima
  • Conseil de la société civile Région Al Hoceima
  • Assocition Sounh pour le Développement de Femme et Louvre Social Tata

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