A l’occasion de la Saint Velentin, le propranolol, un remède contre les ruptures amoureuses

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Expérimenté auprès des victimes des attentats du 13-Novembre, le propranolol permet de diminuer l’impact émotionnel d’un souvenir traumatique. Le psychiatre canadien Alain Brunet l’utilise désormais pour ses patients dévastés par une rupture amoureuse. Cauchemars, phobie sociale, sueurs, tremblements ou peur panique de revivre l’événement…

Nombreuses sont les victimes ou témoins des attentats du 13-Novembre à avoir souffert de stress post-traumatique. Pour eux, la reconstruction est souvent passée par une psychothérapie. Certains ont également eu recours à une méthode innovante. Entre 2016 et 2018, 360 rescapés de l’attaque du Bataclan et des attentats du 14 juillet ont participé à l’essai clinique Mémoire Vive mené par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). L’objectif de cette expérimentation était d’atténuer la charge du souvenir émotionnel en prenant des comprimés de propranolol.

Déjà commercialisé pour soigner la migraine et l’hypertension, ce « bêtabloquant agit sur la phase-clé de la consolidation et permet de diminuer l’intensité des souvenirs traumatiques forts », explique l’AP-HP sur son site. « Ce médoc m’a sauvé la vie », confiait en novembre 2017 Max, un Parisien de 55 ans qui a accompagné jusqu’à son dernier souffle une des victimes des attentats du 13-Novembre, au Parisien.

Rendre le traumatisme vivable

Le quotidien rapporte ce jeudi 14 février que face à ses résultats encourageants, le psychiatre et chercheur canadien Alain Brunet, à la tête de l’équipe de recherche de l’essai clinique Mémoire Vive, a élargi la thérapie à la rupture amoureuse. « Le chagrin d’amour, cela a l’air léger. Et pour cause, il ne présente pas de menace vitale. Mais si certaines personnes réagissent bien, pour d’autres, le sol se dérobe sous leurs pieds. Il peut alors engendrer un trouble de l’adaptation, au même titre que le stress post-traumatique. Ce sont des pensées répétitives, une envie dévorante de pleurer, des nausées, de la détresse. C’est à ces patients que la thérapie s’adresse », explique-t-il.

Concrètement comment cela se passe ? Encadré par un psychologue ou un psychiatre, le patient prend son comprimé de propranolol, puis 1h30 plus tard écrit son souvenir traumatique. Encore une heure plus tard, il lit son récit. La pilule fait alors effet en « interférant au moment où le souvenir passe de la mémoire de court à long terme en lui faisant perdre son intensité. Le traumatisme reste mais devient un souvenir certes mauvais, mais vivable. »

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