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AD Talks/PCNS: débat sur le rôle de l’armée face à la crise du Covid-19

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Le rôle de l’armée face à la crise du Covid-19 et les crises sanitaires à venir a été au centre du débat, jeudi, de la sixième session de la conférence Atlantic Dialogues, “AD Talks”, organisée par le Policy Center for the New South (PCNS).

Modérée par Kim Dozier, contributrice à Time Magazine et analyste sur les Affaires globales pour CNN, cette session, qui avait pour thème la “Santé publique : un nouveau champ d’action pour les organisations et les alliances militaires”, s’inscrit dans le cadre d’une édition spéciale en ligne.

Intervenant lors de ce débat, le chef de la section du contre-terrorisme à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), l’Italien Gabriele Cascone, a expliqué que son organisation n’était pas mieux “préparée que les autres pays et institutions” à la crise du Covid-19.

“Nous avons reçu pendant des années des rapports alertant sur de possibles pandémies, mais pour l’Otan comme pour d’autres alliances, le besoin de se préparer à une pandémie ne figure pas au cœur de sa raison d’être”, a-t-il souligné, ajoutant que “les institutions ont réussi à travailler sous la pression de la pandémie et d’un désastre global”.

“Nous sommes maintenant mieux préparés”, a-t-il cependant rassuré.

De son côté, le général américain Barre Seguin, Mentor senior de l’OTAN au Quartier général des forces alliées en Europe (SHAPE), a d’abord expliqué qu’il n’est pas “inhérent au mandat des alliances militaires de répondre à une pandémie, même si elles peuvent rassembler leurs capacités pour le faire si nécessaire”.

Il a ensuite reconnu que “nous avons été lents, en tant que différents pays et en tant qu’alliance à reconnaître l’urgence que représentait la pandémie sur le plan global”.

Pour sa part, le directeur académique du Conseil argentin des relations internationales (CARI), l’Argentin Juan Battaleme a estimé que “nous savions tous que la crise venait, mais nous avons tenté d’en diminuer l’impact” sur le plan des perceptions.

La question de l’impact de la pandémie sur les groupes terroristes a été également abordée lors de ce débat, et à laquelle Gabriele Cascone a répondu qu’il n’existe pas de données statistiques à ce sujet.

Toutefois, a-t-il poursuivi, “la pandémie a été un obstacle à des attaques terroristes, en raison des mesures de confinement et de la hausse des contrôles de police”.

“Il est aussi évident que la pandémie a créé des opportunités pour le terrorisme, notamment avec la radicalisation et le recrutement en ligne”, a-t-il révélé, notant “le fait que la pandémie provoque une profonde crise économique, qui creuse encore les inégalités et le ressentiment” et qui peuvent nourrir “des motivations pour rejoindre les groupes terroristes”.

La pandémie n’a, néanmoins, été “rien d’autre qu’un nouveau risque” pour “beaucoup de terroristes sur le terrain”, a-t-il souligné, ajoutant que ces derniers ont “continué à opérer, comme on l’a vu dans le Sahel”.

S’attardant de nouveau sur l’OTAN face à la pandémie, M. Seguin a expliqué que cette institution a dû réduire ses activités, tout en maintenant sa mission de défense et de dissuasion, ce qui a abouti à une baisse des “indicateurs et signaux d’alerte envoyés aux quartiers généraux”.

Sur le sujet du terrorisme, il a précisé que la pandémie a été “ignorée par les groupes terroristes, qui ont tenté de la tourner à leur avantage dans les zones qu’ils essaient de contrôler”.

Et le responsable de conclure que “la pandémie a été vue par les guérillas et les cartels latino-américains comme une opportunité”, arguant qu’elle “a permis à des groupes gauchistes en Amérique centrale de répandre de la désinformation”.

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