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Affaire Khadija de Beni Mellal : 20 ans de prison pour viol collectif et séquestration

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Onze des agresseurs d’une adolescente marocaine, victime de viol collectif et séquestration, ont été condamnés à 20 ans de prison ferme chacun, a indiqué mercredi l’avocat de la partie civile.

Dans une vidéo diffusée l’été 2018 et devenue virale, Khadija Okkarou, 17 ans à l’époque, avait raconté avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée pendant deux mois par des jeunes hommes de son village d’Oulad Ayad, près de Beni Mellal.

Son témoignage filmé dans lequel elle montre des traces de brûlures de cigarettes et des tatouages obscènes que ses agresseurs ont, selon elle, gravés de force sur son corps pendant sa séquestration, avait soulevé un tollé dans le royaume et suscité une forte mobilisation contre « la culture du viol et de l’impunité ».

Trois ans plus tard, la chambre criminelle de la cour d’appel de Beni Mellal a condamné les 13 prévenus pour différents chefs d’accusation, allant de « traite d’être humain sur mineure », « viol », « constitution d’une bande organisée » et « enlèvement et séquestration », a indiqué mercredi à l’AFP l’avocat de la victime Ibrahim Hachane.

Onze ont été condamnés à 20 ans de prison ferme chacun, et deux autres ont écopé de deux ans de prison ferme et un an avec sursis, précise-t-il, ajoutant que les agresseurs de Khadija Okkarou ont aussi été condamnés à lui verser 200.000 dirhams (environ 19.000 euros) à titre de dommages.

« Au regard de la gravité des faits, le verdict nous semble normal, pas dur, car la traite d’êtres humains sur mineure est passible d’une peine allant jusqu’à 30 ans », selon Me Hachane qui va faire appel de ce jugement en première instance. « La victime se soigne toujours, les séquelles de ce qu’elle a vécu vont l’accompagner toute sa vie », a-t-il expliqué.

Des associations de droits humains et les médias tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur les violences subies par les femmes.

La loi contre les violences faites aux femmes est entrée en vigueur en 2018. Si elle rend pour la première fois passible de peines de prison des actes « considérés comme des formes de harcèlement, d’agression, d’exploitation sexuelle ou de mauvais traitement », le texte a été jugé insuffisant par les associations des droits des femmes.

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