Aramco: enthousiasme limité pour l’introduction en Bourse

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FILE PHOTO: A sign of Saudi Aramco's initial public offering (IPO) is seen during a news conference by the state oil company at the Plaza Conference Center in Dhahran, Saudi Arabia November 3, 2019. REUTERS/Hamad I Mohammed/File Photo

Entre approbations religieuses et exaltations nationalistes, l’Arabie saoudite a tout fait pour attirer les investisseurs avant l’introduction en Bourse à Ryad de son géant pétrolier Aramco, mais l’enthousiasme reste relativement limité et les résultats de l’opération pourraient décevoir.

L’entreprise qui présente le bénéfice le plus élevé au monde cherche à lever environ 25 milliards de dollars –le quart des 100 milliards jadis espérés– grâce à son entrée en Bourse très retardée et essentiellement destinée aux investisseurs du royaume et du Golfe.

Aramco a annoncé la semaine dernière que le nombre d’actions souscrites par les investisseurs avait dépassé le nombre de titres proposés à la vente. Mais si le taux de sursouscription est de 1,7 fois l’offre initiale, il reste très loin de celui de l’introduction de la National Commerce Bank en 2014: le nombre d’actions souscrites avait alors atteint plus de 23 fois le nombre de titres proposés.

En 2006, 10 millions de Saoudiens (plus d’un tiers de la population) avaient souscrit des actions du géant de l’immobilier émirati Emaar, contre cinq millions pour Aramco.

« Les signes indiquent qu’il est peu probable qu’il s’agisse de la vente à grand succès que le royaume espérait », selon le centre d’analyse économique Capital Economics.

Si l’opération pourrait tout de même battre le record de 25 milliards de dollars levés par le géant chinois du commerce en ligne Alibaba, ces revenus « couvriront à peine le déficit budgétaire du royaume pendant un an », selon Capital Economics.

A moins d’un engouement de dernière minute des investisseurs institutionnels, l’intérêt pour la cotation d’Aramco semble relativement faible malgré les publicités tapageuses, la facilitation des prêts proposés par les banques pour permettre aux particuliers d’acheter des titres et les discours nationalistes qui ont érigé l’investissement en devoir patriotique.

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