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Camion charnier près de Londres: retour sur les faits

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Deux jours après la découverte de 39 cadavres dans un camion frigorifique près de Londres, de premiers éléments sur l’origine des victimes et l’itinéraire du véhicule sont connus et la police a jusqu’ici arrêté trois personnes. Voici ce que l’on sait sur cette tragédie qui a provoqué un choc et mis en lumière les méthodes très risquées employées par les passeurs de migrants clandestins.

Selon la police britannique, les victimes sont 31 hommes et 8 femmes, de nationalité chinoise.

Onze des trente-neuf corps ont été transférés jeudi soir à l’hôpital Broomfield à Chelmsford. Ils doivent y être autopsiés pour déterminer les causes du décès. Le processus s’annonce long, a prévenu la police.

Les autorités chinoises n’ont pas confirmé qu’il s’agissait de ressortissants de leur pays.

La police a annoncé deux nouvelles arrestations vendredi. Il s’agit d’un homme et d’une femme, âgés de 38 ans et habitants de la ville de Warrington dans le nord de l’Angleterre.

Elle avait déjà arrêté le jour même de la découverte le conducteur du camion, soupçonné de meurtre. Il était encore interrogé vendredi, après avoir vu sa garde à vue prolongée.

Agé de 25 ans, il est originaire de la province britannique d’Irlande du Nord. Selon les médias britanniques, il s’agit de Mo Robinson, un habitant de Portadown, dans le comté d’Armagh. C’est dans ce même comté que trois perquisitions ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi.

L’entreprise Global Trailer Rentals (GTR), basée à Dublin, a de son côté confirmé être propriétaire de la remorque réfrigérée où ont été retrouvés les corps. Elle a indiqué l’avoir louée à un client le 15 octobre pour 275 euros la semaine.

Elle a aussi précisé que la remorque était équipée d’un enregistreur GPS dont les données seront fournies aux enquêteurs. Ces renseignements s’annoncent précieux pour déterminer où les personnes décédées ont embarqué et si d’autres trajets ont été effectués dans les jours précédents.

Le camion a été immatriculé en Bulgarie en 2017, mais n’est pas retourné dans le pays depuis, selon les autorités bulgares qui rejettent tout « lien » avec l’affaire.

Le camion est entré dimanche 20 octobre au Royaume-Uni par le port de Holyhead, sur la côte ouest, en provenance de Dublin.

Puis il a pris en charge le conteneur à 00H30 mercredi (23H30 GMT mardi) dans le port de Purfleet, sur la Tamise, où il était arrivé en provenance de Zeebruges, en Belgique.

Le camion et son chargement ont quitté le port vers 01H05 (00H05 GMT). Peu avant 01H40, la police a été appelée par les secours qui ont découvert les 39 corps dans la zone industrielle de Grays, dans le comté d’Essex, à l’est de Londres.

Le parquet fédéral belge a ouvert une enquête. « Pour le moment, on ne sait pas encore quand les victimes » sont entrées dans le conteneur « et si cela s’est produit en Belgique », a dit le parquet.

Selon le journal The Times, des habitants des environs de Purfleet ont à plusieurs reprises alerté les autorités du port et la police d’activités suspectes. Certains ont dit avoir trouvé des piles de passeports ou avoir vu des groupes de personnes chargées dans des camions ou des minibus.

Un chauffeur de taxi local a aussi affirmé à l’AFP avoir vu, lors de l’été 2017, deux personnes sortir d’un camion sur l’autoroute A2, toujours dans cette même zone portuaire du sud-est de l’Angleterre mais cette fois-ci vers Gravesend, sur l’autre bord de la Tamise.

D’après l’Agence nationale contre le crime (NCA), le nombre de migrants entrés clandestinement au Royaume-Uni à bord de conteneurs et de camions a augmenté ces dernières années.

Dans de récents rapports, la NCA relevait « l’utilisation croissante de méthodes de plus en plus risquées », essentiellement depuis les ports de Calais (France) et Zeebruges ou par le tunnel sous la Manche.

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