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Coronavirus : l’essentiel à savoir

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Le coronavirus 2019 (que l’on appelle aussi Covid-19 ou SARS-CoV-2) est une maladie infectieuse causée par le coronavirus SARS-CoV-2 appartenant à la très large famille des Coronaviridae. Ces virus sont en constante mutation et évolution. C’est au cours de l’une de ces mutations qu’il est devenu capable d’infecter l’homme. Contrairement à ces prédécesseurs, ce virus semble particulièrement contagieux. Il a d’ailleurs pu être retrouvé dans de nombreux fluides et excrétions biologiques (sécrétions de la bouche et du nez, sang, selles, urines), ce qui laisse entrevoir des risques de transmission multiples et ce, d’autant que tous les malades infectés ne présentent pas forcément de symptômes, notamment chez les plus jeunes. Dans 80 % des cas, la Covid-19 ne pose guère de problèmes et le malade guérit rapidement, sans qu’il soit besoin de l’hospitaliser.

Mais chez les personnes déjà fragilisées – par une maladie chronique, une immunodépression, un grand âge, etc. – la Covid-19 peut se compliquer et nécessiter une hospitalisation, voire une réanimation. C’est surtout pour eux que chacun doit prendre ses responsabilités et respecter les consignes données en cas de suspicion d’infection ou de mesures de confinement si l’infection est avérée. Pendant ce temps, les chercheurs du monde entier travaillent pour trouver un traitement efficace pour les plus fragiles et à plus long terme, pour trouver un vaccin. En effet, c’est bien parce que le coronavirus 2019 est nouveau et donc, que nous ne sommes pas immunisés contre lui, qu’il peut se propager aussi rapidement dans le monde entier !

Coronavirus COVID-19, qu’est-ce que c’est ?

Les coronavirus appartiennent à une famille de virus, pouvant être responsable chez l’homme, d’infections diverses allant du rhume banal à l’infection pulmonaire sévère, avec détresse respiratoire aiguë.

Dans le cas de l’infection COVID-19, due à un coronavirus baptisé Sars-CoV-2, il s’agit d’un coronavirus proche du SRAS qui avait provoqué une épidémie mondiale en 2002-2003. Mais il est contagieux à un niveau plus élevé.

Fin décembre 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été informée de plusieurs cas de pneumonies en Chine et depuis, l’infection s’est rapidement répandue sur la planète. L’OMS la qualifie désormais de pandémie : 110 pays sont touchés.

Quelles sont les causes du Covid-19 ?

Les coronavirus sont en constante mutation et de temps en temps, l’un d’entre eux se révèle être capable d’infecter l’homme, ce qui est le cas du Sars-CoV-2. La personne infectée peut alors en contaminer d’autres et ainsi de suite. Les déplacements des hommes partout dans le monde facilitent grandement la propagation du virus dans d’autres pays.

Deux souches du Sars-CoV-2 sont en circulation :

  • Une souche S qui est la plus ancienne. Elle est moins fréquente (30 % des cas) et moins agressive.
  • Une souche L, plus récente, plus fréquente (70 % des cas) et plus sévère.

Même s’il semble que le point de départ soit une transmission d’un animal à l’humain (depuis le marché de Wuhan en Chine), il n’existe aucun élément à ce jour permettant de dire que les animaux domestiques ou d’élevage, jouent le moindre rôle dans la propagation du virus.

De même, aucun cas de contamination par l’eau ou par les aliments, n’a été rapporté, même pour des aliments crus.

Comment diagnostiquer le coronavirus ?

Les tests diagnostic de la COVID-19 peuvent être effectués dans tous les établissements de santé de référence (ESR) qui sont les hôpitaux référents au niveau régional. Les prélèvements pour les tests de dépistage du Sars-CoV-2 sont aussi réalisables par les laboratoires en ville.

Ces tests diagnostic ne sont réalisés qu’en cas de suspicion de l’infection après interrogatoire par un médecin du SAMU ou un infectiologue référent. Dans les départements où le coronavirus est très actif, les tests sont réservés aux personnes présentant des symptômes sévères. Le prélèvement se fait à l’aide d’un écouvillon (sorte de coton tige) utilisé pour recueillir des mucosités dans le nez ou dans la gorge. Le résultat est connu sous 3 à 5 heures.

  • Si le diagnostic de SARS-CoV-2 est négatif. Il n’y a rien à faire.
  • Si le diagnostic de SARS-CoV-2 est positif : en l’absence de symptômes (ou en cas de symptômes bénins), la personne détectée positive rentre chez elle où elle doit rester confinée pendant 14 jours. Il lui est demandé d’éviter au maximum les contacts avec les autres membres de la famille (ou les colocataires) et dans la mesure du possible, d’avoir une salle de bain et des WC spécifiques ou à défaut, de ne pas toucher d’objets communs, de laver fréquemment les surfaces touchées comme les poignées de porte. Si elle se fait livrer à domicile, elle doit demander au livreur de laisser le colis sur le palier pour éviter tout contact.
  • Si le diagnostic de SARS-CoV-2 est positif et qu’il existe des troubles respiratoires, une hospitalisation est décidée.

Les personnes concernées

Tout le monde peut être infecté par le Sars-CoV-2 car ce virus étant nouveau, notre système immunitaire ne le reconnaît pas et ne peut nous en prémunir. Néanmoins, ce sont surtout certaines personnes risquent davantage les d’avoir des complications graes. On peut être concerné dans les cas suivants :

  • Un âge de plus de quatre-vingt ans,
  • Une hypertension artérielle,
  • Un diabète,
  • Une maladie pulmonaire préexistant,
  • Une cardiopathie,
  • Un cancer en traitement
  • Une immunodépression,
  • Une grossesse en cours, (d’après les infections connues par d’autres coronavirus, pour une femme enceinte, on observera sans doute des risques de fausses couches et d’accouchements prématurés.
  • Plus généralement, toute personne fragile.

Les facteurs de risques du coronavirus

  • Avoir séjourné dans un endroit où circule le coronavirus dans les 14 jours précédents, ou encore, avoir été en contact avec une personne infectée par le Sars-CoV-2, expose au risque de développer l’infection Covid-19.
  • En cas de contact étroit avec un malade du coronavirus – même lieu de vie et/ou face à face à moins d’un mètre au moment d’une toux ou d’un éternuement ou d’une conversation et/ou présence dans un endroit confiné pendant au moins 15 mn – il est recommandé de rester chez soi pendant 14 jours (quarantaine stricte) avec auto-surveillance de la température deux fois par jour.
  • Si le contact n’a été ni étroit, ni prolongé, une simple réduction des activités sociales – comme ne faut pas fréquenter des lieux où se trouvent des personnes fragiles comme les Ehpads, les maternités, les hôpitaux, les cliniques – et une auto-surveillance de la température suffisent.
  • Si une fièvre apparaît et/ou si des symptômes évocateurs surviennent (toux, gêne respiratoire, etc.) il faut appeler le Samu au 15 pour bénéficier rapidement d’un test diagnostique.

En attendant, il ne faut pas se rendre dans une salle d’attente de médecin ou des urgences sous peine de contaminer tout les personnes qui s’y trouvent. Il faut au contraire rester chez soi, en y évitant tout contact avec une personne fragile (personnes âgées, personnes ayant une maladie chronique, femmes enceintes, etc.).

Symptômes du coronavirus

Dans sa forme typique, l’infection à coronavirus peut être confondue avec une grippe saisonnière, car elle entraîne également :

  • une fièvre (dans 88 % des cas selon l’OMS),
  • des maux de tête (14 %), une toux sèche (68 % des cas),
  • une fatigue (38 %), des douleurs musculaires (15 %), des frissons (11 %),
  • une irritation de la gorge (14 %).

L’infection à coronavirus peut aussi s’accompagner :

  • d’expectorations (33 %),
  • d’un essoufflement (19 %),
  • de nausées et/ou de vomissements (5 %),
  • d’une congestion nasale (5 %),
  • de diarrhées (4 %).

Environ 80-85 % des personnes infectées ont peu ou pas de symptômes.

Sont les plus susceptibles d’être infectés, les 30-79 ans (87 % des cas) alors que les enfants encourent nettement moins de risque (moins de 1 % des enfants de moins de dix ans le sont).

Complications du coronavirus (Covid-19)

Les complications concernent environ 15-20 % des personnes infectées, principalement celles qui ont une maladie chronique et/ou sont fragiles et/ou sont âgées de plus de 80 ans. Pour 5 % des personnes infectées, la maladie prend une tournure inquiétante – avec détresse respiratoire aiguë, insuffisance rénale aiguë et défaillance multi-viscérale – et nécessite une réanimation. Pour ces malades, le taux de mortalité est important (de l’ordre de 50 %).

Tous patients confondus, lorsque des soins de qualité sont disponibles, le taux de mortalité par coronavirus SARS-CoV-2 serait de 2,3 %.

Forme asymptomatique du coronavirus

Certains sont porteurs du coronavirus, mais ne présentent aucun symptôme. Ils sont néanmoins susceptibles de transmettre le virus à leurs proches. C’est pourquoi il est fortement recommandé, en cas d’épidémie de coronavirus covid-19 de limiter ses déplacements et les contacts avec d’autres personnes, afin de limiter la diffusion du virus.

Traitements contre le coronavirus

Mise à jour le 16 mars 2020 à 12H31 – Selon les dernières observations et informations diffusées par le gouvernement français, il semblerait que la prise d’anti-inflammatoires (Ibuprofène, cortisone, …) puisse être un facteur d’aggravation de l’infection. Actuellement, des essais cliniques et plusieurs programmes français et européens tentent d’affiner le diagnostic et la compréhension de cette maladie pour en améliorer la prise en charge. Quelque soit la situation, il est généralement recommandé de ne pas prendre d’anti-inflammatoires sans conseil médical au préalable.
Mise à jour le 23 mars 2020 à 12H00 – Un essai clinique européen, nommé Discovery, a pour but d’évaluer quatre traitements expérimentaux contre le Covid-19. Cet essai est coordonné par l’Inserm dans le cadre du consortium Reacting et inclut 800 patients français atteints de formes sévères du Covid-19.

« L’objectif est d’évaluer l’efficacité et la sécurité de quatre stratégies thérapeutiques expérimentales qui pourraient avoir un effet contre le Covid-19 au regard des données scientifiques actuelles. » comme l’indique l’Inserm.

L’essai Discovery prendra forme avec cinq modalités de traitement, testé de manière aléatoire sur les patients atteints du coronavirus de forme sévère  :

  • soins standards
  • soins standards plus remdesivir,
  • soins standards plus lopinavir et ritonavir,
  • soins standards plus lopinavir, ritonavir et interféron beta
  • soins standards plus hydroxy-chloroquine.

Le coronavirus étant nouveau, il n’existe pas encore de vaccin pour empêcher son infection. Préparer un vaccin pourrait encore prendre quelques mois, voire plus d’un an, en raison de la durée des tests exigés pour la mise sur le marché d’un nouveau médicament.

Il n’existe pas non plus de traitement spécifique, mais plusieurs traitements sont en cours d’évaluation.

En attendant, pour les formes bénignes de Covid-19, le traitement est symptomatique :

  • Prendre du paracétamol contre la fièvre et les courbatures,
  • Se reposer,
  • Boire beaucoup pour se réhydrater,
  • Désobstruer le nez avec du sérum physiologique.

Et bien sûr,

  • Se confiner et respecter les mesures d’hygiène pour éviter de contaminer l’entourage,

Un essai clinique européen incluant 3.200 patients touchés par une forme sévère débute à la mi-mars afin de comparer quatre traitements différents : oxygénothérapie et ventilation respiratoire versus remdesivir (traitement antiviral déjà utilisé contre le virus Ebola) versus Kaletra (un traitement contre le virus du Sida) versus Kaletra + un interféron bêta (molécule produite par le système immunitaire pour mieux résister aux infections virales) pour renforcer son action. La chloroquine (un traitement contre le paludisme) qui a été à un moment évoquée n’a pas été retenue en raison d’un risque non négligeable d’interactions médicamenteuses et d’effets secondaires. D’autres essais avec d’autres traitements se font également ailleurs, dans le monde.

Approches complémentaires et solutions naturelles

Le coronavirus SARS-CoV-2 étant nouveau, aucune approche complémentaire n’a été validée. Il est néanmoins possible de tenter de renforcer son immunité par les plantes recommandées en cas de grippe saisonnière :

  • Ginseng : connu pour stimuler le système immunitaire. A consommer le matin, le ginseng permet de combattre la fatigue physique pour aider à reprendre des forces. La dose varie au cas par cas, consultez votre médecin pour adapter la posologie.
  • Echinacée : permet de diminuer les symptômes d’un rhume. Il est important de prendre l’échinacée dès les premiers signes d’une infection des voies respiratoires supérieures (rhume, sinusite, laryngite, etc.).
  • Andrographis : réduit modérément la durée et l’intensité des symptômes des infections des voies respiratoires (rhume, grippe, pharyngite).
  • Eleuthérocoque ou sureau noir : permettent de stimuler le système immunitaire et de réduire la fatigue surtout lors de syndrome grippaux.

Prise de vitamine D

D’autre part, la prise de vitamine D pourrait diminuer le risque d’infections respiratoires aigues en stimulant l’immunité (6). Une étude de la revue Minerva, Revue d’Evidence-Based Medicine explique que : les suppléments de vitamine D peuvent prévenir les infections aiguës des voies respiratoires. Les patients qui en bénéficient le plus sont ceux qui présentent un déficit grave en vitamine D et ceux qui reçoivent une dose quotidienne ou hebdomadaire » Il suffit donc de prendre quelques gouttes de vitamine D3 chaque jour pour parvenir à 1500 à 2000 UI par jour (UI = unités internationales) pour les adultes et 1000 UI par jour pour les enfants.

L’exercice physique

L’exercice physique stimule le système immunitaire. C’est pour cela qu’il diminue à la fois les risques d’infections et de cancers. Alors, pour se protéger du coronavirus, comme de toutes les infections, faire de l’exercice physique est fortement conseillé. Attention cependant à ne pas faire de sport en cas de fièvre. Dans ce cas, il faut se reposer car le risque d’infarctus semble augmenter en cas d’effort en période de fièvre. La « dose » idéale d’exercice physique par jour pour stimuler l’immunité serait d’environ 30 minutes par jour (ou jusqu’à une heure).

Transmission du coronavirus : comment prévenir ?

Se protéger soi contre le coronavirus

La prévention contre le coronavirus est la même que pour la grippe et la gastro-entérite. Il est ainsi conseillé :

  • De se laver les mains régulièrement avec de l’eau et du savon, en frottant bien entre les doigts pendant au minimum vingt secondes et en rinçant abondamment.
  • Seulement s’il n’y a pas de point d’eau, se laver les mains avec une solution hydro-alcoolique. Il est déconseillé de recourir exclusivement à cette solution, car il y a un risque de sécheresse cutanée
  • Privilégier le télétravail lorsqu’il est possible.
  • Éviter toute sortie non indispensable et tout rassemblement.
  • Tout déplacement à l’étranger doit être différé dans la mesure du possible. De fait, de nombreux vols ont été supprimés. En cas de déplacement, malgré tout, dans un pays où le virus circule, il faut se référer aux recommandations spécifiques données par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays-destination/)

Pour protéger les autres

Le Sars-CoV-2 se transmettant entre autres par les gouttelettes de salive, il est demandé :

  • De se laver les mains régulièrement avec de l’eau et du savon, en frottant bien entre les doigts et en rinçant abondamment.
  • Seulement s’il n’y a pas de point d’eau, se laver les mains avec une solution hydro-alcoolique.
  • De tousser ou d’éternuer dans son coude ou un mouchoir à usage unique, à jeter dans une poubelle.
  • D’éviter de s’embrasser ou de serrer la main pour se dire bonjour.
  • Des mesures provisoires comme la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités sont prises pour limiter la propagation du Sars-CoV-2.

Comment nettoyer une surface contaminée et inactiver le virus ?

Nettoyer pendant une minute, une surface contaminée avec de l’alcool titrant entre 62 et 71 % ou de l’eau oxygénée à 0,5 % ou de l’eau de Javel à 0,1 % est une mesure efficace. C’est important quand on sait que la survie du SARS-CoV-2 sur surface inerte serait de l’ordre de 1 à 9 jours, en particulier en atmosphère humide et à basse température.

Sites pour s’informer

• Durant l’épidémie, un numéro vert a été mis en place pour répondre à toutes les questions sur le Covid-19, 24h sur 24 et 7 jours sur 7 : c’est le 0800 130 000.

• Le Ministère des Solidarités et de la Santé répond à de nombreuses questions sur son site : www.gouvernement.fr/info-coronavirus et les données sont réactualisées en fonction de l’évolution de la Covid-19 dans le pays.

• Le site de l’OMS : www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019

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