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Croissance 2019 : Le FMI sabre les prévisions de l’Iran et l’Arabie saoudite et abaisse celles du Maroc, de la Tunisie et du Liban

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Le Fonds monétaire international (FMI) a fortement dégradé mardi ses perspectives de croissance pour l’Iran et l’Arabie saoudite, les deux poids lourds économiques du Moyen Orient, citant l’effet des sanctions américaines, des tensions géopolitiques, et la faiblesse des cours du pétrole.

Dans un rapport sur l’économie mondiale, l’institution internationale prévoit une contraction du Produit intérieur brut de 9,5% pour l’Iran cette année, 3,5 points de plus que lors de ses précédentes estimations d’avril, et une croissance de 0,2% pour Ryad, en baisse de 1,6 point.

Le FMI a revu à la baisse les perspectives de croissance de la plupart des pays du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord.

La contraction du PIB iranien est du jamais vu depuis 1984 lorsque la république islamique était en guerre avec son voisin irakien.

Ce plongeon reflète une détérioration rapide de l’économie iranienne depuis le durcissement par l’administration américaine des sanctions sur les exportations de pétrole iraniennes, la principale source de revenus de Téhéran.

C’est la deuxième année de suite que l’Iran devrait être plongé dans la récession, après avoir déjà vu son PIB se rétracter de 4,8% en 2018.

L’Iran « continue à subir de graves difficultés macroéconomiques », a affirmé le FMI, ajoutant que la croissance 2020 serait stable.

Quant à l’Arabie saoudite, il s’agit de la pire prévision depuis 2007 lorsque le PIB s’était contracté de 0,7%.

Le Fonds a toutefois revu en légère hausse la croissance saoudienne pour 2020, à 2,2%, misant sur le fait que le secteur non-pétrolier se renforcerait sur fond de réforme des subventions.

Le plus gros exportateur mondial de pétrole au monde a notamment fortement réduit les subventions sur l’électricité et le carburant, et imposé des taxes sur les visas d’expatriés dans le cadre d’un programme visant une baisse de la dépendance au pétrole.

Plus tôt ce mois-ci, l’agence de notation Fitch Ratings a dégradé la note de solvabilité saoudienne après les attaques sur des infrastructures pétrolières, attribuées à l’Iran, ayant entraîné le blocage provisoire de la moitié de la production quotidienne saoudienne.

Le FMI a par ailleurs revu à la baisse la croissance du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord de 1,2 point à 0,1% cette année. Outre Ryad et Téhéran, « les troubles civils dans d’autres économies, dont la Libye, la Syrie et le Yémen, pèsent sur les perspectives », a affirmé l’institution.

Les prévisions ont également été abaissées pour le Maroc, la Tunisie, le Liban et le Soudan, mais maintenues pour l’Egypte, dont la croissance est prévue à 5,5%, et la Jordanie, à 2,2%.

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