Cryptomonnaie: Les Italiens font-ils confiance au Bitcoin?

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Italy flag smashing into a gold bitcoin crypto coin. 3D Rendering.

Par Hajar Erraji – MAP

Investissement de milliards de dollars, bourse, spéculation, pari, crypto-krach…des fortunes qui se font et fondent au gré de la volatilité sensible des actifs. Nouvel eldorado monétaire ou mirage illusoire ? Pour certains, l’appât du gain l’emporte sur l’incertitude. Impressionné par son aura sur la toile, les adeptes de l’argent numérique se multiplient, comme dans le monde entier, en Italie.
Une communauté qui se voit secouée par les cyberattaques et, récemment, par la faillite de FTX, plateforme mondiale de l’échange de crypto-monnaies. Continueront-ils à faire confiance au Bitcoin? Une question qui préoccupe aussi bien les experts du web que les investisseurs transalpins.
L’Italie est l’un des pays les plus confiants quant à l’avenir des crypto-monnaies, indique une enquête publiée par Capterra, précisant que 30% des Italiens estiment que le Bitcoin est le moyen de paiement idéal pour les prochaines années.
Un engouement qui a connu une augmentation sans précédent en temps de pandémie, à tel point que l’achat des pièces numériques dans la péninsule a été multiplié par 25 entre la fin de 2019 et le premier semestre de 2021, selon la publication. Une dynamique sans pairs qui n’a pas tardé à séduire les investisseurs et les décideurs.
A Rome, Milan, et à Padoue, et dans tant d’autres villes transalpines, il est désormais possible de payer son café, son repas ou son trajet de taxi en puisant dans son portefeuille numérique.
C’est le cas d’un restaurant romain ultra moderne en plein centre de la capitale. Situé sur la fameuse via Barberini, il accepte les paiements à base de Bitcoin (BTC), Litecoin (LTC), USDT, USDC et d’autres encore. Mais pas seulement.
Né avec l’idée de donner une place physique à un concept abstrait, le lieu devient un point de repère et d’échange des adeptes et des experts du domaine.
Rencontré sur place, Massimiliano, consultant en cybersécurité, spécialisé en monétique, explique à la MAP que « ce phénomène mondial, sur toutes les lèvres, est mal cerné par le grand public ».
“Les monnaies virtuelles ont stimulé l’imagination de certains et en ont sans doute dérouté d’autres”, affirme-t-il, relevant que, “certes révolutionnaire, cette nouvelle technologie représente des risques cybers importants, en particulier en cas d’usage sans les mesures de sécurité nécessaires”.
Outre les fluctuations des valeurs des crypto-monnaies, “le risque réel en Italie est la sécurisation des canaux”, estime l’expert.
L’Italie a consacré, récemment, une enveloppe de 46 millions d’euros au développement des technologies de blockchain dans le cadre du programme de transition 4.0.
Elle aspire à accompagner les investissements des entreprises dans les technologies de pointe dans le but d’encourager la modernisation des systèmes de production grâce à des modèles de gestion de plus en plus interconnectés, efficaces, sûrs et rapides.
Ce fonds fera bénéficier les centres de recherches et les entreprises opérant notamment dans les secteurs de l’industrie, de l’éducation, de l’agroalimentaire, de la santé, de l’environnement, des infrastructures et des technologies de l’information.
Le parlement italien a reconnu le bitcoin comme instruments financiers en 2017. Un an plus tard, l’Agence italienne des revenus a apporté quelques clarifications sur les taxes liées aux transactions de crypto-monnaies.
En janvier 2022, Banca Generali, la plus grande banque privée de l’Italie accordait à ses clients la possibilité d’acheter et de stocker des bitcoin.
“Des acquis importants, mais il ne faut pas négliger l’autre revers de la médaille”, signale-t-il. Les infrastructures digitales transalpines ont connu pas moins de 82.000 cyberattaques en six mois, selon cet expert italien citant des chiffres du bureau d’étude DeepCyber.
Une situation qui fait redouter les acteurs du secteur quant à l’avenir de la transition 4.0 dans un climat aussi “fragile”.
Hormis les risques de piraterie et d’escroquerie, l’écroulement de la deuxième plateforme mondiale de cryptomonnaie FTX a plongé, par ailleurs, les investisseurs dans la tourmente. Ce « séisme » a déclenché une nouvelle crise de confiance dans le secteur des « crypto », avec pour conséquence une rechute du cours du bitcoin sous 16.000 dollars, au plus bas depuis la fin 2020.
Valeur en chute mais le coût promet d’être cher pour l’environnement. Générée par l’utilisation d’ordinateurs et serveurs très puissants, la cryptomonnaie est accusée d’être particulièrement énergivore.
L’empreinte écologique de Bitcoin, mesurée en émissions de CO2, est de près de 37 millions de tonnes de CO2 par an, selon la plateforme d’étude internationale Digiconomist. En temps de crise énergétique et de changements climatiques majeurs, le débat resurgit en force sur la scène médiatique italienne. 

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