Des ONG réclament l’arrêt des exportations de bétail français hors UE

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Des ONG ont dénoncé vendredi l’exportation d’animaux d’élevage français hors d’Europe, vers des pays du Maghreb et du Moyen-Orient où, selon elles, les conditions d’abattage ne sont pas encadrées et où les animaux sont maltraités. Quelque 80.000 bovins et ovins français sont exportés chaque année hors d’Europe, vers l’Algérie, le Liban, le Maroc, la Tunisie ou Israël, « où l’absence d’infrastructures et/ou de lois de protection animale conduit à des scènes d’abattage d’une violence inouïe », estime l’ONG Welfarm. Dans une vidéo jointe au communiqué, de l’ONG Animals international, on peut voir des bovins pendus par les pattes ou agrippés par les orbites avant d’être égorgés.

« Nous cautionnons à l’étranger des choses que nous interdisons sur notre propre territoire. C’est une hypocrisie que la France ne peut plus se permettre », estime Adeline Colonat, chargée de la campagne contre l’export d’animaux vivants chez Welfarm, citée dans le communiqué.

Les ONG se réfèrent au code rural, à l’arrêté de 1997 relatif aux conditions de mise à mort des animaux ou à la réglementation européenne en matière d’abattage: « tous les textes en vigueur en France s’opposent à ces pratiques. La France exporte des animaux vers des pays dont la majorité des abattoirs n’ont pas les infrastructures nécessaires pour respecter les normes établies par l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE) », dénoncent ces ONG.

Ce commerce d’animaux d’élevage vivants aurait rapporté, selon elles, quelque 118 millions d’euros à la France en 2018.

Dans une lettre adressée au Premier ministre, les ONG Welfarm, Animals International, L214, CIWF, la Fondation Brigitte Bardot, la Fondation Droit Animal, ainsi qu’Ethique et Sciences et Eurogroup for Animals, demandent en conséquence « de suspendre les exportations d’animaux vivants vers les pays tiers » et de les remplacer par des exportations de carcasses découpées en France. « L’année dernière, les pays tiers du pourtour méditerranéen ont importé 2,8 millions de bovins vivants, soit deux fois plus qu’en 2012 », affirment les ONG signataires.

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