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En Israël, l’impasse subsiste après l’échec de Netanyahu à former un gouvernement

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Le Premier ministre israélien ultra-radical Benjamin Netanyahu a subi une défaite cuisante dans sa tentative de s’accrocher au pouvoir en échouant à former un nouveau gouvernement, mais son adversaire pourrait faire face à des difficultés similaires. Lundi soir, Netanyahu a annoncé qu’il jetait l’éponge, après avoir tenté de former un gouvernement à l’issue des législatives du 17 septembre.

Dans la foulée, le président Reuven Rivlin a indiqué avoir l’intention de transférer le mandat pour former le gouvernement à son rival Benny Gantz, chef de la liste centriste Bleu-Blanc, mais il dispose jusqu’à jeudi pour mener des consultations avant de le nommer officiellement.

L’annonce de Netanyahu constitue un important revers pour le Premier ministre sortant, le plus pérenne de l’histoire de l’Etat sioniste, qui tente de se maintenir au pouvoir malgré une possible prochaine mise en examen pour corruption.

Est-ce pour autant la fin de l’impasse politique dans laquelle est plongé le pays depuis les législatives d’avril dernier? Pas vraiment: l’ancien chef de l’armée, Benny Gantz, arrivé en tête aux élections de septembre, ne dispose pour l’instant pas de majorité au Parlement.

Ses alliés de la gauche ainsi que le ralliement d’une partie des députés arabes israéliens ne suffisent pas à lui assurer les 61 députés nécessaires pour former un gouvernement viable. « Nous sommes toujours optimistes, c’est une manière de vivre », s’est contenté de commenter à la télévision publique mardi Benny Gantz, au volant de sa voiture.

La veille, dans un communiqué, sa liste Bleu-Blanc avait indiqué être « déterminée à former un gouvernement d’union libéral », sous-entendu en limitant l’influence des partis religieux, alliés de Benjamin Netanyahu. Comme ce dernier, M. Gantz disposera de 28 jours pour tenter de former le gouvernement.

En cas d’échec, de nouvelles élections –qui seraient les troisièmes depuis avril– pourraient être convoquées, même si Rivlin a rappelé à plusieurs reprises qu’il ferait tout pour éviter un tel scénario.

Vieux briscard rompu à la politique, Premier ministre pendant treize ans -dont dix sans interruption-, Netanyahu a accusé son rival, novice en politique, d’avoir torpillé ses efforts pour former un gouvernement d’union nationale.

Lors des négociations des dernières semaines, le Likoud, le parti de droite radical, violent et raciste de Netanyahu, a tenté de faire accepter par les centristes de Bleu-Blanc, un compromis, élaboré par le président Rivlin, selon lequel Netanyahu et Gantz occuperaient le poste de chef de gouvernement à tour de rôle.

Cette proposition prévoyait que Benjamin Netanyahu soit le premier à occuper la fonction de Premier ministre, mais soit remplacé, dès sa probable inculpation pour corruption d’ici la fin de l’année, par Gantz.

Ce dernier a refusé, estimant qu’il devrait être le premier à diriger le gouvernement, son parti ayant obtenu 33 sièges contre 32 pour le Likoud. Il est surtout bloqué par sa promesse, formulée à plusieurs reprises, de ne pas siéger sous la houlette d’un homme risquant d’être inculpé.

L’un des responsables de Bleu-Blanc, Ofer Shelah, a accusé Netanyahu de chercher en fait à provoquer de nouvelles élections. « L’échec de Netanyahu, c’est l’espoir des citoyens israéliens », a commenté pour sa part Amir Peretz, le dirigeant marocain du parti travailliste, l’un des partenaires de Bleu-Blanc, avec six députés, dans un communiqué. Mais pour l’instant, les deux blocs, celui de droite fort de 55 députés et celui de Bleu-Blanc réunissant 54 soutiens, sont arc-boutés sur leurs positions.

Netanyahu a compliqué les négociations en affirmant qu’il garderait avec lui les partis religieux, ses alliés les plus fidèles, une proposition impossible à accepter pour les centristes derrière Benny Gantz. Selon un sondage d’opinions publié mardi par le centre de réflexion Israel Democracy Institute (IDI), 56% des personnes interrogées sont favorables à ce que Netanyahu et Gantz soient Premiers ministres à tour de rôle. Et environ 65% estiment que Netanyahu devrait démissionner de la présidence du Likoud s’il était inculpé.

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