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Enquête du HCP : La violence conjugale concerne les moins instruites, les plus jeunes et les chômeurs

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La violence conjugale au Maroc concerne les moins instruites, les plus jeunes et les plus touchées par le chômage, souligne le Haut-Commissariat au plan (HCP) dans une communication publiée à l’occasion de la campagne nationale et internationale de mobilisation pour l’élimination de la violence à l’encontre des femmes.

« En 2019, avec un taux de prévalence de 46% dans l’espace conjugal (5,3 millions de femmes), les femmes, âgées de 15 à 74 ans, victimes de violence perpétrée par un mari ou un ex-mari, un fiancé ou un partenaire intime, sont principalement des femmes mariées avec une prévalence de 52%, de jeunes femmes de 15 à 24 ans (59%), des femmes ayant un niveau d’enseignement moyen (54%) et des femmes en situation de chômage (56%) », indique le HCP dans un communiqué, citant les résultats d’une enquête réalisée entre février et juillet 2019. Par ailleurs, par référence au profil du partenaire, la prévalence est particulièrement élevée parmi les femmes dont le partenaire a vécu dans un environnement marqué par la violence conjugale, avec un taux de 73%, les partenaires jeunes âgés de 15 à 34 ans, avec un taux de 61%, et ceux ayant un niveau scolaire secondaire collégial, avec un taux de 57%, relève la même source. Dans sept cas sur dix (69%), les actes de violence dans le contexte conjugal sont dus à une violence psychologique, 12% des cas à une violence économique, 11% à une violence physique et près de 8% à une violence sexuelle, fait remarquer le HCP, ajoutant que dans le milieu professionnel, 15% des femmes actives sont victimes de la violence dans toutes ses formes. Cette proportion, poursuit-il, s’accentue parmi les femmes divorcées (22%), salariées (21%), citadines (18%) et les jeunes âgées de 15 à 34 ans (19%), notant que ces actes sont commis par des responsables hiérarchiques dans 41% des cas et par des collègues dans 29% des cas. Et d’ajouter que la majorité de ces actes de violence (83%) sont dus soit à des comportements psychologiquement violents (49%) soit à la discrimination économique (34%).

Ladite enquête fait également ressortir que dans les établissements d’enseignement et de formation, 22% d’élèves et d’étudiantes ont déclaré avoir subi un acte de violence. Les auteurs de ces violences sont dans 46% des cas de violence des camarades des victimes, 28% des professeurs et 21% des personnes étrangères à l’établissement. Les actes de violence commis sont dans 52% des cas d’ordre psychologique, 37% des cas du harcèlement sexuel et 11% des cas physique.

Pour une compréhension plus globale du phénomène de la violence, l’enquête a approché l’un de ses déterminants à travers sa perception par la population marocaine dont les valeurs et les comportements sont des facteurs d’éclairage de sa latence et de la persistance de certaines de ses manifestations. Elle a couvert l’ensemble du territoire national, avec un échantillon de 12.000 filles et femmes et 3.000 garçons et hommes âgés de 15 à 74 ans.

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