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Etats-Unis : Biden fait voter son plan de relance au Congrès

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Le président Joe Biden fait adopter mercredi au Congrès son gigantesque plan de soutien à la première économie mondiale, enregistrant une grande victoire 50 jours après son arrivée à la Maison Blanche.

Malgré l’opposition en bloc attendue des républicains, qui dénoncent des mesures gargantuesques mal ciblées, les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, sont convaincus d’avoir assez de voix pour l’adopter lors du vote prévu vers 13H00 (18H00 GMT).

Joe Biden doit promulguer dans la foulée ce plan de 1.900 milliards de dollars, un montant vertigineux équivalent au PIB de l’Italie.

« Nous nous en sortirons », a-t-il promis aux employés d’une petite entreprise de Washington mardi.

« Un plan bien construit, qui a avancé rapidement au Congrès, pour apporter une aide absolument nécessaire à la lutte contre le Covid et pour faire avancer notre économie », a tweeté son chef de cabinet Ron Klain mercredi, en se réjouissant d’un nouveau sondage montrant la grande popularité de ces mesures.

Selon des experts, le « plan de sauvetage américain » devrait doper la croissance.

Et d’après la Maison Blanche, cette législation « historique » créera plus de 7 millions de nouveaux emplois cette année, rendra les soins de santé plus abordables, tout en sauvant des vies grâce aux aides pour la vaccination généralisée. Elle affirme également qu’elle réduira de moitié la pauvreté des enfants.

Mais d’autres économistes mettent en garde contre le risque d’inflation.

« Nous avons promis d’aider, le président a promis d’aider, et désormais, l’aide arrive », a déclaré en ouverture des débats l’un des soutiens démocrates de ce texte, John Yarmuth, dans l’hémicycle.

Il « s’agit de la loi la plus à gauche jamais votée au Congrès », a rétorqué un élu républicain, Tom McClintock.

« Le mauvais plan, au mauvais moment, pour les mauvaises raisons », a martelé un autre parlementaire de son parti, Jason Smith, qui a accusé les démocrates de ne servir que « leurs intérêts politiques », pas ceux « des Américains ».

Une fois promulgué, l’impact du plan Biden devrait être rapidement ressenti.

Des millions d’Américains toucheront des chèques d’aides directes allant jusqu’à 1.400 dollars par individu et personne à charge, pour un montant global de quelque 400 milliards de dollars.

Il prolonge en outre jusqu’en septembre des allocations chômage exceptionnelles qui devaient expirer le 14 mars. Joe Biden avait promis d’agir avant cette date butoir, et malgré des séances marathon au Congrès, marquées par des rebondissements, il y est parvenu.

Quelque 15 milliards de dollars sont consacrés à la vaccination, 50 milliards pour les tests et le traçage ainsi que 10 milliards pour la production de vaccins.

Le plan consacre également 126 milliards de dollars aux écoles, de la maternelle au lycée, pour soutenir leur réouverture malgré la pandémie, ainsi que 350 milliards en faveur des Etats, des collectivités locales.

Le projet initial comprenait une hausse du salaire minimum fédéral qui a dû être abandonnée au Sénat, où le montant des allocations chômage et le plafond pour toucher les chèques ont d’autre part été abaissés sous la pression d’un démocrate conservateur.

Ces compromis pouvaient faire craindre une fronde des progressistes, mais les troupes démocrates apparaissent unies derrière le plan Biden.

C’est en saluant « la plus importante loi votée par le Congrès pour aider les travailleurs depuis des décennies » que le sénateur indépendant Bernie Sanders avait approuvé le plan samedi à la chambre haute.

A la Chambre lors d’un premier vote comme au Sénat, seuls les démocrates ont voté en faveur du plan de relance. Un revers pour Joe Biden, sénateur pendant plus de 35 ans et arrivé à la Maison Blanche sur la promesse de trouver des terrains d’entente avec les républicains, après les profondes divisions de l’ère Trump.

Mais après quelques conversations infructueuses en tout début de mandat, le vieux routier de la politique a rapidement décidé d’avancer sans les républicains sur ce plan de relance.

Il espère ensuite parvenir à une meilleure entente pour son prochain immense projet législatif, qui devrait concerner les infrastructures américaines.

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