Evacuations dans le nord-est de l’Ukraine face à l’avancée russe

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Plusieurs dizaines de localités de la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, ont ordonné jeudi l’évacuation de leurs habitants face à l’avancée de l’armée russe, qui, à l’offensive, dit « améliorer ses positions ».

L’armée russe avait été chassée de la ville de Koupiansk et de ses alentours, qu’elle occupait depuis le début de l’invasion, par une contre-attaque éclair ukrainienne en septembre 2022. Depuis quelques semaines, c’est dans cette zone qu’elle est repassée à l’offensive, revendiquant régulièrement des gains territoriaux.

« Dans la direction de Koupiansk, les unités d’assaut des groupes de combats +Ouest+ ont, lors d’actions offensives, amélioré leurs positions en première ligne du front », a de nouveau indiqué jeudi le ministère russe de la Défense dans son rapport quotidien.

Face à cette avancée, un décret signé par les autorités locales a ordonné l’évacuation de 37 localités du district de Koupiansk, un important noeud de communication. Il s’agit pour l’essentiel de villages situés à proximité du front, sur la rive gauche de la rivière Oskil.

L’administration de Koupiansk, une ville d’environ 25.000 habitants avant la guerre, a elle recommandé dans la matinée à ses habitants d’évacuer en direction notamment de Kharkiv, la capitale régionale, en raison de « la situation sécuritaire difficile et de l’augmentation du nombre de bombardements ».

Selon le gouverneur régional, Oleg Sinegoubov, deux habitants ont été blessés dans la nuit dans le village de Kindrachivka, concerné par l’évacuation. Koupiansk a également été touchée à deux reprises, a-t-il précisé, publiant la photo d’un bâtiment administratif endommagé par une bombe mais sans faire état de victime.

Jointe au téléphone par l’AFP, Anna Korech, une mère de famille de 36 ans vivant dans le village de Kivcharivka, concerné par le décret, a raconté être en plein préparatifs pour partir pour Jitomir, dans le centre de l’Ukraine.

« Comme la situation devient dangereuse, c’est important d’emmener les enfants dans un endroit sûr », confie cette mère de quatre bambins dont l’immeuble a été bombardé le mois dernier, ajoutant que son mari restera pour prendre soin de sa mère, qui se remet d’un accident vasculaire cérébral.

Selon des cartes apparaissant dans le briefing vidéo du ministère russe de la Défense, les troupes de Moscou ne seraient qu’à quelques kilomètres de Koupiansk. Lundi, l’armée russe avait dit avoir en trois jours avancé de trois kilomètres vers cette ville.

Parallèlement, la guerre des drones se poursuit, les territoires contrôlés par la Russie étant la cible d’attaques de plus en plus fréquentes.

Moscou a affirmé tôt jeudi avoir abattu 13 appareils ukrainiens, dont 11 près de la péninsule annexée de Crimée et deux qui se dirigeaient vers Moscou.

Un des engins ciblant la capitale a été abattu par la défense aérienne dans la région de Kalouga, au sud-ouest de Moscou, le second dans la région de Moscou, a rapporté le ministère russe de la Défense.

Les deux drones ont été abattus vers 04H00 locales (01H00 GMT), selon le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, sur Telegram. Les autorités aériennes ont précisé que deux aéroports moscovites, Domodedovo et Vnoukovo, ont brièvement interrompu leurs vols.

En Crimée, « près de la ville de Sébastopol, deux drones ont été touchés par les dispositifs de la défense antiaérienne en service, neuf autres ont été neutralisés par des moyens de guerre électroniques et se sont écrasés dans la mer Noire avant d’atteindre la cible », selon le ministère russe de la Défense.

L’armée ukrainienne a pour sa part affirmé que dix drones explosifs « Shahed », fabriqués par l’Iran, ont été lancés contre son territoire dans la nuit, sept d’entre eux ayant été détruits. A Doubno, dans le nord-ouest, un dépôt de carburant a été détruit sans faire de victime, a rapporté le gouverneur régional.

Si elles ont longtemps été limitées, les attaques ukrainiennes dans des zones frontalières sont aussi de plus en plus fréquentes.

A quelques kilomètres de la frontière ukrainienne, le village russe de Gorkovski a été touché par des bombardements qui ont fait un mort et quatre blessés, a annoncé mercredi le gouverneur de la région de Belgorod, Viatcheslav Gladkov.

Trois personnes ont par ailleurs été tuées et 11 autres blessées dans des bombardements ukrainiens sur Donetsk, une place-forte des combattants prorusses dans l’est de l’Ukraine, ont signalé mercredi les autorités installées par Moscou.

Enfin, Mercredi, au moins deux personnes ont été tuées et sept autres blessées dans une frappe russe sur la grande ville de Zaporijjia (sud), selon le ministre ukrainien de l’Intérieur Igor Klymenko.

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