Grande manifestation contre l’islamophobie à Paris

Plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche à Paris, entre la Gare du Nord et la place de la République, dans le cadre d’une marche contre l’islamophobie.

“Vivre ensemble, c’est urgent”, “Halte à tous les racismes”, “L’islamophobie n’est pas un opinion c’est un délit”, pouvait-on lire sur des banderoles.

La manifestation, qui s’est achevé dans le calme, a été organisée à l’appel d’une cinquantaine de personnalités et de plusieurs organisations, dont le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Le cabinet Occurrence, mandaté par un collectif de médias pour fournir des chiffrages indépendants, évoque une participation de 13.500 personnes.

“Depuis bien trop longtemps, les musulmanes et les musulmans en France sont la cible de discours venant parfois de ‘responsables’ politiques, d’invectives et de polémiques relayés par certains médias, participant ainsi à leur stigmatisation grandissante”, écrivent-ils dans leur appel à manifester, lancé le 1er novembre, trois jours après les tirs qui ont fait deux blessés devant la mosquée de Bayonne.

Juste avant le début de la manifestation, le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, qui y a participé, a appelé à ne pas « confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie ». Faisant valoir que « dans d’autres manifestations, il y a des personnes indésirables », le député de Marseille a aussi déploré que l’on finisse « par oublier l’événement fondateur » de ce défilé, à savoir « la tentative de meurtres devant la mosquée de Bayonne ».

« S’il y a en effet ici des gens qui nous dérangent, il y a aussi des gens avec qui on est plus à l’aise », a souligné M. Mélenchon, en évoquant ainsi la présence de la CGT. Quant aux réserves exprimées au sein même de LFI par François Ruffin et Adrien Quatennens, « nos appréciations personnelles peuvent différer », a-t-il admis.

Jean-Luc Luc Mélenchon, faisait partie des personnalités présentes dans le cortège.

“Il faut être vigilant. Il faut faire attention et entourer d’affection ceux qui sont montrés du doigt lorsqu’ils le sont, et il faut être capable de faire bloc, de serrer les rangs, autour de ceux qui sont victimes de telles discriminations”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée avant le défilé. “C’est donc notre tour de manifester après un événement comme celui qui a eu lieu à Bayonne pour garantir la liberté de cule et la liberté de conscience qui va avec”, a-t-il poursuivi.

Les détracteurs de la marche

La manifestation suscite toutefois la polémique, notamment en raison du terme “islamophobie”, qui divise la classe politique française, dont certains représentants jugent qu’on doit pouvoir critiquer les religions sans être taxé de racisme.

“On a le droit de critiquer l’Islam et toutes les religions. Pas de discriminer des citoyens en raison de leurs croyances. La laïcité c’est aussi le droit de croire ou de ne pas croire sans être inquiété pour cela”, a déclaré dimanche matin la Secrétaire d’État chargé(e) de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, au micro de Radio J.

Marlène Schiappa a en outre reproché à certains des organisateurs de contester la laïcité. “Cette manifestation, sous couvert de lutte contre l’islamophobie (…) est en fait une manifestation contre la laïcité, puisque, d’après de ce que j’ai pu en entendre, un certain nombre d’organisateurs disent qu’ils veulent protester contre ce qu’ils nomment un état raciste, contre des lois liberticides à l’égard des musulmans. Il n’y a pas en France de loi liberticides.”, a-t-elle ajouté.

Au même moment sur BFM-TV, déplorant la participation de M. Mélenchon qui « a été un grand laïc », la députée Aurore Bergé, porte-parole de LRM, s’est élevée contre « une marche qui attaque l’Etat et qui utilise un terme [islamophobie] dont on sait bien qu’il est utilisé à des fins politiques ».

Pour la présidente du RN Marine Le Pen, « tous ceux qui vont se rendre à cette manifestation seront main dans la main avec les islamistes, c’est-à-dire ceux qui développent dans notre pays une idéologie totalitaire qui vise à combattre les lois de la République française ».

“Depuis des années, la dignité des musulmanes et des musulmans est jetée en pâture, désignée à la vindicte des groupes les plus racistes qui occupent désormais l’espace politique et médiatique français, sans que soit prise la mesure de la gravité de la situation”, ajoutent-ils.




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