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HACA : Jamal Eddine Naji décortique les enjeux de la révolution digitale

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La quarantaine d’organismes des industries, de recherches et de régulation des télécommunications, des médias audiovisuels et des TIC, venant d’autant de pays, des cinq continents, dont la HACA, membres de l’ « International Institute of Communications » (IIC), se sont réunis du 8 au 11 octobre à Mexico, pour débattre de l’évolution (ou « révolution » ?) de l’écosystème digital mondial et ses graves et urgents enjeux post-modernes qu’affrontent les États, les sociétés, les individus, les politiques publiques, les industriels, les professionnels, les régulateurs…

Cette semaine a été organisée en deux temps : un forum réservé aux seuls régulateurs, pendant deux jours, et une conférence générale de deux jours ouverte à tous les membres de l’ICC (soit plus d’une centaine de participants et participantes, intervenant soit en anglais, soit en espagnol). MM. Jamal Eddine Naji, Directeur Général de la Haca et Mahdi Aroussi El Idrissi, Directeur du département juridique de la Haca, ont pris part à ces journées dont les seize panels ou sessions, sur les quatre jours, ont abordé pratiquement tous les défis multiples que révèlent, à l’heure actuelle, le développement technologique et les questionnements qui découlent de ce dernier au niveau de la régulation et des politiques publiques des États, des droits et libertés des individus et communautés, des économies nationales, des enjeux et risques au plan de la sécurité des systèmes et des nations, des attentes et de la protection des usagers et des consommateurs, des contenus et leur qualité, de la concurrence commerciale, des externalités de ces technologies et des contenus, de l’intelligence artificielle et OTT, etc. Une infinie liste d’enjeux et de défis qui impose, selon nombre de participants, la nécessité d’une coopération internationale, impliquant tous les acteurs, de tous les pays, de tous les secteurs concernés (Médias, TIC, gouvernements, Parlements, industriels, chercheurs…) pour suivre, de près et ensemble, ces évolutions exponentielles de l’ère numérique, de l’économie numérique, afin que tout cet écosystème digital soit abordé par tous selon « une vision globale du bien commun ». Une vision visant la paix, le partage, la démocratie avec ses droits et libertés, la libre connectivité et les droits qui en découlent, le développement humain durable et équitable entre les individus et entre les nations. En somme, une approche collective procédant d’un « humanisme numérique » en gestation, ce que choisit M. Jamal Eddine Naji comme notion centrale dans son intervention, lors de la première journée du Forum des régulateurs, en partant de la question posée par la note introductive de ce conclave : faut-il réguler ou déréguler ? Pourquoi réguler OTT et plateformes ? Retenant comme point de départ pour répondre à ces questions, quel que soit le contexte du pays examiné, quatre critères que sont la connectivité, l’alphabétisation de base et la numérique, le développement humain et le volume ou taux d’innovation ou d’invention en le domaine, M. Naji, a illustré sa conviction en la nécessité de s’inspirer d’un « humanisme numérique universel », par le cas du Maroc, pays des plus connectés en Afrique et à l’expérience de régulation bien avancée sur le continent et qu’anime, dans ses modèles, applications et recherches un esprit d’anticipation sur le futur de ce monde numérique post-moderne. Comment bâtir et garantir la confiance en ce monde nouveau, au niveau du citoyen, du professionnel, du politique, de l’investisseur, de l’usager et du consommateur, de l’adulte comme de l’enfant…sans perdre de vue les objectifs fondamentaux de l’Humanité : la paix, le « vivre ensemble », la citoyenneté démocratique (connectée)… ? Seule une régulation « agile, flexible, continuellement révisée et en mouvement de la co-régulation à l’autorégulation » pourrait, dit-il, garantir un futur efficient à cet « humanisme numérique », à l’instar de ce qui a été accumulé, depuis 1948 par la « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ». Pour cela, il faut faire preuve de vigilance et d’humilité. conclut M. Naji, comme pour faire un écho particulier, au Président du régulateur nord-américain, invité d’honneur de ces journées, M. Ajit Pai (nommé par le Président Barak Obama à la tête de la FCC, en janvier 2017) et qui a appelé, dans un discours d’ouverture de cette rencontre, d’être « humbles  » face aux révolutions digitales, mais intransigeants quant aux droits des usagers.

Outre nombre de régulateurs, comme, notamment, la Haca Maroc, la FCC (USA), l’OFCOM (UK), le CSA France, le CSA Belgique, l’OFCOM Suisse, l’ICASA (Afrique du Sud), l’AGCOM (Italie), ANATEL (Brésil), NCC (Nigéria), NCC (Taiwan), CRTC (Canada), NRTC ( Sainte-Lucie), ACMA (Australie), NZCC (Nouvelle Zélande), la « Cyberspace Administration of China » (CAC), la CRCM (Mongolie), la KCSC (Korea), la GRA (Gibraltar), le CRA (Qatar) et l’IFT (Mexique, hôte de ce forum), cette « semaine de la régulation » a impliqué également les premiers décideurs des géants en le domaine : Facebook, Amazone, Microsoft, Mozilla, AT&T, Nokia, Walt Disney, 21th Century Fox, ICANN …

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