ven. Août 14th, 2020

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Journée internationale du Jazz : une célébration en mode confinement

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Après plus d’une décennie d’existence, la « Journée internationale du Jazz », célébrée le 30 avril de chaque année, renouvelle son engagement d’encourager et de promouvoir le jazz, cette musique populaire conçue pour la danse et devenue un genre musical mondialisé, pour en faire davantage un outil éducatif et une force de paix, de dialogue et de coopération renforcée entre les peuples.
Le jazz, style musical souvent improvisé, développé par les Afro-américains et influencé à la fois par la structure harmonique européenne et les rythmes de l’Afrique, s’est brodé en partie grâce au ragtime et au blues. Il se caractérise souvent par des rythmes syncopés, un jeu d’ensemble polyphonique, des degrés d’improvisation variables, des déviations de hauteur souvent délibérées et l’utilisation de timbres musicaux originaux.
Toute tentative de parvenir à une définition précise et globale du jazz est de toute évidence vaine, tant est si bien qu’il recouvre de nombreux sous-genres marqués par un héritage de la musique euro-américaine et afro-américaine et émerge, comme il est si bien mentionné, à partir d’autres genres musicaux.
L’histoire raconte que depuis le début du XXè siècle, le jazz, fruit du métissage entre la culture du peuple noir américain issu de l’esclavage, et de la culture européenne importée par les colons français, a été une musique en constante évolution, en expansion et en mutation, passant par plusieurs phases distinctes de développement mais qui n’a jamais existé en tant que musique entièrement composée ou prédéterminée.
Son récit nous apprend également qu’il a été, depuis sa genèse, utilisé à la fois selon des approches créatives et qu’il fut passible d’une myriade de permutations et d’influences. Et pourtant, abstraction faite des tentatives d’ordre terminologique, le jazz semble être instantanément reconnu et distingué comme un « loup blanc » du fait qu’il possède quelque chose de très distinct de toutes les autres formes d’expression musicale.
Le jazz fut aussi une source de motivation et l’occasion pour de nombreuses femmes de dépasser les rôles traditionnels imposés par la société, mais également une force de propulsion pour le Mouvement de libération des femmes aux États-Unis. Parmi les « Ladies Jazz » les plus célèbres on peut trouver Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Nina Simone ou encore Betty Carter.
Pour en revenir au « Jazz Day ». Chaque année, une ville différente est sélectionnée pour accueillir cette Journée. Cette année, Le Cap, en Afrique du Sud, avait été désigné ville hôte et aurait dû accueillir les célébrations sous le thème « Origines et routes du jazz africain », afin de mettre en évidence l’identité africaine et le potentiel créatif du continent qui a inspiré cette musique.
Toutefois, en raison de l’actuelle pandémie du nouveau coronavirus, ces célébrations ne pourront pas avoir lieu comme prévu et elles se déplaceront donc sur la « toile » et les amateurs de jazz se tourneront vers leurs écrans d’ordinateur et de télévision pour voir leurs spectacles.
A cet effet, la directrice générale de l’UNESCO, Mme Audrey Azoulay a souligné dans un message que cette Journée est donc l’occasion « de célébrer le pouvoir du jazz, qui accompagne au quotidien les personnes confinées et celles qui ne peuvent pas l’être », ajoutant que « c’est toute cette magie du Jazz dont nous avons besoin en cette période où, collectivement, nous nous rappelons à quel point la musique, et l’ensemble des autres arts, nous sont essentiels ».
Ainsi, pour que les airs de Jazz continuent à résonner et à nous entraîner, poursuit Mme Azoulay, l’UNESCO, avec son partenaire le Herbie Hancock Institute of Jazz, assureront la diffusion de cours et performances de Jazz, avec la participation de grands noms du genre.
A ce titre, un appel est lancé par les organisateurs de cette Journée et les autres parties impliquées dans le monde entier, afin de recevoir des concerts filmés à la maison, des messages vidéo et tout autre expression de solidarité.
Malheureusement, le coronavirus (Covid-19) a ôté d’innombrables vies et le monde du jazz a été gravement touché. Nombreux sont en effet les musiciens de jazz qui ont perdu leur vie à la suite de complications liées à cette maladie.
Parmi ces artistes, des légendes du jazz comme le pianiste et éducateur Ellis Marsalis Jr. – père du trompettiste Wynton Marsalis -, Mike Longo, pianiste et directeur musical de Dizzy Gillespie, Wallace Roney, le trompettiste de renommée mondiale, le saxophoniste Marcelo Peralta ainsi que le saxophoniste Manu Dibango, icône de la musique afro-jazz, le guitariste Bucky Pizzarelli et le contrebassiste Henry Grimes, pour n’en citer que quelques-uns.
Au Maroc, plusieurs Festivals du Jazz sont organisés dans différentes villes du Royaume comme Tanger (Tanjazz), Casablanca, Essaouira, le Festival du Jazz de Chellah (Rabat) et Anmoggar n’jazz d’Agadir, dans le noble but de faire connaître davantage ce genre musical et de le faire découvrir à un plus large public.

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