La boulangerie-pâtisserie aura son deuxième contrat programme

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Organiser le secteur de la boulangerie fortement touché par l’informel. C’est l’objectif de la Fédération nationale de la boulangerie et de la pâtisserie (FNBP) et des pouvoirs publics qui prévoient la signature d’un contrat programme sectoriel pour la période 2016-2020. Ce sera le deuxième du genre pour le secteur. Le premier, signé en 2011, prend fin cette année. Pourquoi donc reconduire la démarche ? Les pouvoirs publics, en raison du rôle stratégique du secteur, accordent une importance capitale à la disponibilité du pain en quantité suffisante, à un prix abordable et de qualité garantie pour la sécurité alimentaire. Or, le secteur de la boulangerie, comme nombre d’activités, connaît une dualité qui, expliquent les professionnels, perturbe la filière et en limite le développement.

«Nous souffrons aujourd’hui de la concurrence du pain beldi ou fait maison qui représente près de 50% du marché certes mais dont la qualité laisse à désirer. La production et le circuit de distribution ne répondent pas du tout aux normes de sécurité alimentaire», précise la FNBP qui souligne que le contrat programme permettra une mise à niveau du secteur ainsi que sa valorisation. Le secteur informel compte, selon les statistiques du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, 1 200 unités opérant dans des petits garages produisant d’importantes quantités de pain en dehors de toute réglementation. Le secteur réglementé compte, quant à lui, plus de 3000 unités réparties entre les boulangeries simples (50%), les boulangeries-pâtisseries (38%) et les boulangeries-pâtisseries-salons de thé (12%) .

Les professionnels encouragés à adopter le statut de TPE

Le nouveau contrat programme doit poursuivre et appuyer les mesures déjà introduites par le premier. Celles-ci consistent à accompagner le secteur pour le renforcement et la modernisation des unités, encadrer l’exercice du métier et des conditions de création des boulangeries, aider l’intégration des unités informelles et contribuer, via la subvention, au maintien du prix de la farine destinée à la boulangerie.
Un appel d’offres pour la sélection d’un cabinet devant préparer le cadre de partenariat a été lancé. Son étude portera sur un échantillon constitué de tous types de boulangeries, modernes et traditionnelles. D’une durée de six mois, elle vise dans une première phase à dresser l’état des lieux du secteur et, dans une seconde étape, à établir une stratégie de développement.

En attendant le contrat programme, la profession et l’Etat ont pris plusieurs dispositions dont l’élaboration d’un référentiel des exigences requises pour l’exercice de la profession et d’un guide pour passer au statut de TPE, l’ouverture d’un processus de régularisation avec le fisc et la CNSS et enfin la création d’une école de boulangerie. Le coup d’envoi des travaux a été donné le 27 mai à Casablanca pour une ouverture à la rentrée 2016.

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