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La Fnac se rapproche de Vivendi pour contrer Amazon

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En pleine bataille avec Conforama pour la prise de contrôle de Darty, la Fnac n’oublie pas que son principal rival s’appelle aujourd’hui Amazon. Pour tenter de résister au rouleau compresseur américain qui se développe dans l’e-commerce mais aussi de plus en plus dans la distribution numérique de contenus culturels, le distributeur français s’allie à Vivendi.

Dans le cadre d’une augmentation de capital réservée, le géant français des médias va prendre 15 % du capital du groupe Fnac pour 159 millions d’euros (sans offrir de prime par rapport au cours de clôture du distributeur le 8 avril). Artémis, le holding de la famille Pinault, sera dilué dans le cadre de cette opération mais restera l’actionnaire de référence du groupe dirigé par Alexandre Bompard puisque sa participation passera de 38 à 33 %.

Propriétaire des chaînes de télé payantes et gratuites du groupe Canal+ , d’Universal Music (numéro un mondial de la musique), du service de distribution de vidéo en ligne DailyMotion, ayant des intérêts dans la production de films et de séries et, depuis peu, allié dans le cadre d’un partenariat stratégique et capitalistique avec Mediaset (le groupe audiovisuel de Silvio Berlusconi), Vivendi affiche l’ambition de devenir un géant des médias à l’échelle européenne.

Partenaires privilégiés

L’alliance entre les contenus de la galaxie Vivendi et la distribution de la Fnac permettront peut-être à l’« agitateur culturel » de mieux rivaliser avec Amazon qui mise sur les contenus pour élargir sa base de clientèle et pour la fidéliser. De son côté, Vivendi estime que pour valoriser ses contenus, le groupe a besoin de partenaires privilégiés dans la distribution. Sous la houlette de Vincent Bolloré, Vivendi s’est ainsi invité au capital de l’opérateur Telecom Italia pour se développer dans la Péninsule et, en France, le groupe compte maintenant s’appuyer sur la Fnac qui dispose à la fois d’un réseau de boutiques, d’une forte image culturelle ainsi que d’une base de clients identifiés disposant soit d’une carte Fnac, soit d’un abonnement à un service de musique en streaming.

Les deux groupes envisagent également de collaborer dans la billetterie, les spectacles « live » et l’international. Vivendi appuiera ainsi le développement de la Fnac, en particulier en Europe du Sud et en Afrique (le distributeur étant déjà présent en Espagne, au Portugal, au Brésil, en Belgique, en Suisse, au Maroc, au Qatar et en Côte d’Ivoire). Face à des géants américains comme Amazon et Netflix, dominants dans les pays anglo-saxons, Vivendi fait d’ailleurs lui aussi de l’Europe du Sud et de l’Afrique des zones prioritaires.

Rivaliser avec Conforama

Cette annonce intervient alors que la Fnac cherche des moyens pour rivaliser avec Conforama qui vient de surenchérir sur l’offre du distributeur français pour tenter de racheter Darty. Epaulé par un actionnaire sud-africain puissant (le groupe Steinhoff), Conforama propose de racheter Darty pour 673 millions de livres sterling en cash, contre 615 millions pour la Fnac, en actions.

Même si Vivendi n’est pour l’heure pas considéré comme un chevalier blanc susceptible de venir financer le projet de rachat de Darty par la Fnac, l’apport d’argent frais du géant des médias accroît la marge de manoeuvre du groupe. L’entrée d’un allié de poids est à la fois un plus stratégique et un soutien financier qui pourrait crédibiliser la Fnac si cette dernière décidait de relancer la bataille pour la prise de contrôle de Darty.

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