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La médecine vétérinaire, ou cette interface entre l’humain et l’animal

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epa07250050 (21/23) A veterinarian checks a drip of a patient dog at the Istanbul University Cerrahpasa Faculty of Veterinary Science Hospital in Istanbul, Turkey, 12 December 2018. The Istanbul University Cerrahpasa Faculty of Veterinary Science Hospital in the Turkish city of Istanbul opened in 1987 and treats thousands of sick animals every year. The hospital is split into five departments specializing in internal diseases, surgery, obstetrics and gynecology, artificial insemination and wild animal reproduction. It also has an emergency room that is staffed 24 hours a day. The hospital treats some 50,000 animals every year, mostly pets, and is funded by vet bills paid by owners. EPA-EFE/ERDEM SAHIN ATTENTION: For the full PHOTO ESSAY text please see Advisory Notice epa07250029

Par: Samia BOUFOUS

Le vétérinaire ou ce spécialiste de la santé animale est de plus en plus plébiscité, notamment à une ère où les adoptions d’animaux ne font que décupler. Entre diagnostic des maladies, procédures médicales et préservation de la sécurité sanitaire des aliments, le bilan de cette pratique pour les dernières années ne peut que laisser présager de bonnes perspectives.

Également appelée le “syndrome Daktari” par les spécialistes du domaine, en référence à une ancienne série des années 1970 sur un vétérinaire en Afrique, cette profession a connu au Maroc, au cours de cette dernière décennie une évolution importante, tant en termes de nombre de vétérinaires installés que de qualité des soins prodigués, de mise à niveau et d’équipement des cabinets vétérinaires.

En effet, les vétérinaires en exercice libéral couvrent tout le Royaume, en plus des services vétérinaires dépendant de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et présents dans toutes les provinces du pays.

Interviewé par la MAP, le président du Conseil national de l’ordre national des vétérinaires du Maroc (ONV), Badre Tnacheri Ouazzani, a relevé que sur le plan de la qualité de service, les cabinets vétérinaires ont connu une évolution importante qui n’a rien à envier aux pays développés, notant que dans plusieurs ville du Royaume, moult cabinets se sont équipés avec du matériel à la page de la technologie (Radio, Scanners, équipements Biochimique, bactériologiques et sérologiques, PCR, …) à même de servir au mieux les animaux et participer ainsi au bien-être animal et à l’amélioration des denrées d’origine animale.

M. Tnacheri Ouazzani, a fait savoir, dans ce sens que les vétérinaires ont également joué un rôle crucial dans la mise en application de la loi 49/99 relative à l’aviculture, ce qui a eu pour résultat un meilleur encadrement sanitaire des unités de production des différents produits de volaille.

S’agissant des difficultés rencontrées par ces derniers dans le métier, M. Tnacheri Ouazzani a estimé qu’il est très difficile de résumer toutes les difficultés auxquelles fait face le vétérinaire dans son exercice quotidien. “Néanmoins certaines contraintes impactent considérablement la qualité des services assurés par la profession”.

Il a, dans ce même contexte, relevé, que dans sa composante publique, le vétérinaire est pénalisé par le manque d’effectif et les conditions de travail, notamment au niveau de certains abattoirs municipaux qui manquent des conditions nécessaires à la salubrité des viandes, sans oublier les tueries avicoles qui échappent à tout contrôle et qui handicapent tout un secteur.

Il a, en outre, fait observer que l’exercice libéral n’est pas forcément en manque, mais souffre de plusieurs dysfonctionnements, en l’occurrence l’automédication des éleveurs qui ne consultent pas le vétérinaire et qui vont acheter leurs médicaments sans ordonnance ni consultation avec un grand risque de résidus dans les produit des animaux traités.

Il s’agit, également, de l’exercice illégal de la médecine vétérinaire par des charlatans bien que l’exercice de la médecine vétérinaire soit réglementé, ou encore la contrebande des médicaments vétérinaires dans les souks hebdomadaires, a-t-il expliqué.

Il, a dans ce sens, fait remarquer que l’Ordre National des Vétérinaires essaie par ses modestes moyens de faire face à ses anomalies, affirmant qu’en l’absence d’un loi d’élevage réglementant cette pratique dans tous ses composantes et circuits de commercialisation, il est difficile de venir à bout de ces dangers, dont l’impact est assez négatif sur la santé du consommateur.

Abordant la crise du Covid-19, M. Tnacheri Ouazzani a expliqué qu’à l’instar des autres secteurs d’activité, la médecine a été impacté par cette crise sanitaire, “d’autant plus qu’elle est interdépendante avec le secteur fragile de l’élevage”.

Il a, à cet égard, souligné qu’en raison de la fermeture des souks hebdomadaires et la chute des prix de vente de la volaille et des animaux de rente, les liquidités ont fait défaut et les échéances de paiement ont été très allongées, ce qui a mis en difficulté plusieurs vétérinaires privés.

Et de soutenir: “De plus, les animaux que nous recevons arrivent dans un état avancé de maladie, ce qui impacte négativement le pronostic”, ajoutant qu’il est très difficile à l’heure actuelle de pratiquer son art dans des conditions d’épidémie aussi dangereuse, “nonobstant les vétérinaires font le maximum pour garantir un bon service, tout en se protégeant et en protégeant leurs partenaires”.

Le développement continue des échanges commerciaux dont celui des animaux et leurs produits, les exigences en matière de santé publique vétérinaire ainsi que l’obligation de la conservation et de la protection de l’environnement sont autant de nouveaux défis pour les futurs vétérinaires. De même pour le progrès scientifique rapide, notamment dans les domaines des biotechnologies, qui impose l’exploitation de nouveaux outils dans d’exercice de la pratique vétérinaire.

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