La transition vers la télévision numérique nécessaire pour la promotion de l’industrie de l’audiovisuel en Afrique

La transition des Etats africains vers la télévision numérique ne représente pas uniquement une opportunité pour l’accélération du processus de développement économique, mais constitue également un facteur essentiel pour la promotion de l’industrie de l’audiovisuel sur le Continent, a affirmé, mercredi à Marrakech, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed El Aaraj. L’économie numérique transforme le système de l’industrie de l’audiovisuel dans son ensemble et opère un changement du rôle et de la place dévolus à tous les intervenants dans la chaîne de valeur de cette industrie, a précisé M. El Aaraj, qui intervenait lors de la 12ème session ordinaire de l’Assemblée Générale de l’Union Africaine de Radiodiffusion (UAR), initiée sous le thème de « L’influence des nouveaux médias sur l’industrie de l’audiovisuel africain ».

Il a estimé, dans ce cadre, que la numérisation de la diffusion aura aussi une grande incidence sur le domaine de l’audiovisuel, facilitant ainsi l’apparition de nouveaux modes de diffusion et de distribution des prestations de services audiovisuelles et l’émergence de nouveaux acteurs dans l’industrie de l’audiovisuel.

Le ministre a mis l’accent, par ailleurs, sur les mesures prises par le Maroc pour assurer le succès de la transition vers la télévision numérique terrestre (TNT), conformément à ses obligations vis-à-vis de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), citant, à cet égard, la création du Comité national pour la transition vers la radiodiffusion numérique terrestre, qui a mis sur pied le Plan national de la transition vers la TNT. Ce Plan, a-t-il expliqué, repose sur quatre axes essentiels portant sur le renforcement des investissements dans les infrastructures, la mise à niveau de l’arsenal juridique relatif à la communication audiovisuelle, la dotation des ménages marocains d’équipements requis pour basculer vers le numérique et le lancement des campagnes de communication. Relevant que la transformation structurelle du secteur de l’audiovisuel suscite plusieurs interrogations, qui interpellent les pouvoirs publics et les opérateurs économiques et qui doivent, de ce fait, faire l’objet d’une réflexion profonde sur les plans national et continental, M. El. Aaraj a précisé que le développement des nouveaux médias offre de grandes possibilités de progrès et d’innovation pour le secteur de l’audiovisuel qui, jusqu’à ce jour, ne sont pas dans plusieurs pays sujettes aux normes de réglementation et de régulation du secteur.Et de poursuivre que cela incite à s’interroger sur la capacité du cadre juridique de la communication audiovisuelle dans certains pays à assurer la réglementation, le contrôle et la régulation du contenu audiovisuel sur le web, sans oublier les questions liées aussi bien à la protection des mineurs et du jeune public contre les contenus audiovisuels incitant à la violence et à la haine, au respect de la dignité de l’Homme, des principes fondamentaux du pluralisme, de la liberté d’expression et de la diversité culturelle et linguistique qu’à la diffusion des « fake News ».L’Assemblée générale de l’UAR est organisée pour la première fois au Maroc après l’élection du Royaume membre de cette Union lors de sa 10ème Assemblée générale tenue à Dakar en 2017, une démarche qui s’inscrit dans le cadre de la politique d’ouverture sur le Continent prônée par SM le Roi Mohammed VI et dans le sillage du retour du Royaume au sein de l’Union Africaine (UA), a tenu à préciser le ministre.Le choix du pôle audiovisuel public marocain d’intégrer l’UAR émane de sa conviction et de son attachement au développement commun, à l’échange et à la solidarité technologique, du savoir et des valeurs, a souligné, pour sa part, le PDG de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT), Fayçal Laraïchi, précisant que cette Assemblée générale est le meilleur vecteur pour porter ce message. Elle constitue aussi un haut lieu d’échange d’idées et de découverte de nouvelles procédures et programmes, et un espace d’enrichissement mutuel, a-t-il dit, notant que la thématique d’échange de programmes, qui se veut « un vecteur essentiel pour que notre solidarité et notre existence prennent forme », fait partie des sujets qui seront débattus lors de ce conclave. Soulignant l’importance du numérique, M. Laraïchi a estimé qu' »il ne peut y avoir de bons services publics en audiovisuel sans une plateforme technologique solide, ouverte et intégratrice », précisant que le défi d’aujourd’hui est de réussir le passage des structures classiques de création et de diffusion de programmes vers des plateformes numériques où la diffusion et la déclinaison est quasi naturelle vers tous les supports.Il a, d’autre part, souligné la volonté profonde du pôle audiovisuel public marocain de participer à cet élan de solidarité qui anime l’UAR pour « travailler ensemble, apporter notre contribution à l’UA et supporter financièrement, intellectuellement et par notre présence tout ce mouvement », ajoutant que cette démarche d’ouverture et d’échanges est à même de mieux répondre aux attentes des citoyennes et citoyens du Continent. La 12-ème AG de l’UAR est marquée par l’organisation d’un symposium sur le thème de « l’influence des nouveaux médias sur le développement de l’Afrique au 21è siècle », et la présentation du compte rendu de la 11ème session ordinaire de l’AG de l’UAR et le rapport d’activités de l’Union, outre la fixation de la date et du lieu de la 13ème Assemblée Générale de cette organisation panafricaine.




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