mer. Juil 15th, 2020

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Le retour de jihadistes de l’étranger tourmente Rabat et Alger

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Au Maroc et en Algérie, la question des familles de djihadistes n’est guère débattue publiquement. Moins touchés que la Tunisie, les deux pays doivent néanmoins composer eux aussi avec la problématique du « retour » de ressortissants ayant combattu dans les rangs du groupe de DAESH.

A leur retour, les Marocains partis combattre aux côtés d’organisations terroristes à l’étranger, notamment en Syrie et en Irak, sont systématiquement interpellés, jugés et incarcérés, dans le cadre de la politique « proactive » prônée par Rabat. En 2015, le nombre de Marocains dans les rangs de groupes terroristesen Irak et en Syrie était estimé à plus de 1.600. Depuis, certains sont morts « dans des opérations kamikazes ou ont été abattus par les forces de la coalition » internationale terroristes, tandis que d’autres « ont pris la fuite » vers des pays tiers, avait indiqué il y a quelques mois  Abdelhak Khiam, patron du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ).

Ceux qui rentrent sont arrêtés et écopent de peines allant de 10 à 15 ans de prison. Plus de 200 « revenants » avaient été interpellés et traduits devant la justice à la mi-2018, selon des chiffres officiels. « Notre législation (…) permet aux services de police d’appréhender les « revenants », de les soumettre à des interrogatoires et de les juger, avait relevé Khiam dans son entretien à l’AFP.

Outre ces arrestations, Rabat multiplie les annonces de démantèlement de cellules liées à DAESH, dont une partie constitue des filières de recrutements de combattants. Fort de ces opérations mais aussi de son encadrement du champ religieux, le royaume revendique une politique « proactive » en matière de lutte antiterroriste depuis les attaques suicide de Casablanca (33 morts) en 2003 et l’attentat de Marrakech (17 morts) en 2011.

Fin 2018, deux touristes scandinaves ont toutefois été retrouvées décapitées dans le sud du Maroc par les membres d’une « cellule terroriste », selon Rabat.

Le chef présumé de cette « cellule », Abdessamad Ejjoud, avait été condamné par le passé pour avoir voulu rejoindre les zones alors contrôlées par DAESH en Irak et en Syrie, avant de bénéficier d’une réduction de peine. Il existe par ailleurs au Maroc une « Coordination de défense des détenus islamistes » qui s’oppose aux arrestations des combattants marocains, imputant la « responsabilité » des départs aux « oulémas qui ont « appelé les musulmans à partir combattre en Syrie en 2013 », a souligné mardi à l’AFP le porte-parole de cette coordination, Abderrahim El Ghazali.

A l’instar du Maroc, le voisin algérien a connu ces dernières années des départs de combattants. Aucun chiffre officiel n’est connu sur leur nombre. Une source judiciaire avance cependant le nombre de 205 Algériens « recherchés pour terrorisme à l’étranger fin 2017 ». « La majorité sont (présumés) morts en Libye et dans les pays du Sahel, une soixantaine en Syrie et quelques-uns en Irak », a-t-elle ajouté. Une source sécuritaire estime que ces départs ont été bien moins nombreux qu’au Maroc et surtout en Tunisie. Interrogée par l’AFP, Louisa Dris-Aït Hamadouche, professeure de Sciences politiques à l’université Alger 3, évoque « deux types de raisons » pour expliquer que ces départs aient été moins importants.

D’abord, la mise en place d' »instruments préventifs » pour « contrôler en amont les mouvements des cellules susceptibles d’être activées et envoyées en Syrie et en Irak ». « A titre d’exemple, le maintien des visas avec certains Etats considérés comme des zones de transit (Egypte et Turquie, notamment) ».

Ensuite, « les difficultés qu’ont les réseaux terroristes à recruter en Algérie », due à « l’impact de la lutte antiterroriste » mais aussi à l’existence d’un autre terrain (jihadiste) dans le sud, à savoir le Mali par exemple ». Il n’existe pas non plus de chiffres officiels sur d’éventuels retours de combattants.

Les autorités ne cherchent pas à récupérer ces jihadistes et, pour ceux qui tenteraient de revenir, « c’est directement la case prison », dit une source sécuritaire sous le couvert de l’anonymat.

 

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