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Lemaire appelle à une taxation des géants du numérique

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Le ministre français de l’économie et des finances, Bruno Le Maire a appelé, jeudi, les Etats membres de l’Union européenne (UE) à « s’engager sans délai » dans la mise en œuvre d’une taxation des géants du numérique, mettant en garde contre la réaction des citoyens européens en cas de persistance de l’absence d’une décision à ce sujet.

« Des millions de citoyens aujourd’hui ne comprennent plus l’absence de décision » et demanderont des comptes à leurs dirigeants sur les décisions prises pour les protéger et les défendre, et notamment en matière d’équité fiscale, lors de la campagne en vue des élections européennes du 26 mai 2019, a-t-il prévenu.

« Les discussions, ça suffit, les palabres ça suffit, les prétextes ça suffit (…) Je veux un accord et surtout je veux une décision », a déclaré le ministre sur la chaine de télévision parlementaire Public Sénat.

« Ce n’est qu’une question de volonté politique, tous les problèmes techniques ont été réglés. Et tous ceux qui avancent à nouveau des obstacles techniques s’en servent de prétexte à leur absence de volonté politique », a estimé Le Maire en annonçant qu’il se rendra, la semaine prochaine, au Parlement européen à Strasbourg pour réitérer son appel à tous les Etats européens à « s’engager sans délai pour conclure sur cette taxation des géants du numérique ».

« Il est temps que l’Europe sache ce qu’elle veut devenir. Soit elle est un continent soumis qui accepte que des géants du numérique, Google, Facebook, Amazon, aient 14 points de moins que les entreprises européennes, soit nous sommes un continent souverain », a-t-il argumenté en exprimant son vif souhait qu’un « accord » puisse intervenir avant les élections européennes du printemps.

La Commission européenne avait proposé, en mars dernier, d’instaurer une taxe de 3% sur le chiffre d’affaires des groupes emblématiques du numérique, parmi lesquels figurent notamment les « Gafa » (Google – groupe Alphabet – Apple, Facebook et Amazon ou encore Microsoft), accusés de payer trop peu d’impôts sur leurs activités réalisés en Europe, en profitant des disparités fiscales.

La mise en place rapide de cette taxe a été suggérée le temps qu’une solution soit négociée à l’échelle mondiale au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Soutenu par la France, le projet est accueilli cependant avec circonspection par d’autres Etats membres, à l’image de l’Irlande, où plusieurs géants du numérique ont installé leur tête de pont européenne.

Les réformes touchant à la fiscalité dans l’UE doivent être approuvées à l’unanimité des Etats membres.

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