A Skhirat, les Libyens choisissent l’unité nationale

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Par Jamal CHIBLI.

En signant un accord politique, jeudi à Skhirat (banlieue de Rabat), les parties libyennes ont franchi une étape fondamentale sur la voie d’un retour à l’unité nationale, la seule à même de mettre le pays à l’abri de l’effritement et de lui permettre de se constituer en un seul bloc face à la menace grandissante de Daech.

Sous l’impulsion de la communauté internationale, qui a pris la mesure de la gravité de la situation dans un pays disposant d’énormes ressources pétrolières et surtout à quelques encablures de l’Europe, les Parlements rivaux de Tobrouk, reconnu sur la scène mondiale, et Tripoli, dont le mandat a expiré, ont choisi d’assumer leur responsabilité historique en amorçant un processus de transition devant s’étaler sur deux ans.

Au milieu des cris de joie “Libya, Libya”, au Palais des Congrès de Skhirat, dont le nom restera à jamais rattaché au devenir de la Libye, les signataires, qui représentent les différentes forces effectives du pays, semblaient conscients de l’importance de leur acte pour des millions de compatriotes, éprouvés par quatre années de conflit armé et d’une profonde crise politique, qui a scindé le pays en deux depuis l’été 2014.

Face aux déchirements entre les Parlements rivaux, la communauté internationale se devait d’agir afin de mettre un terme à cette situation, devenue explosive tant pour la région maghrébine que pour la rive nord de la Méditerranée.

En prenant les choses en main, les Nations unies ont répondu à un souhait des belligérants libyens de tenir les négociations sur terre marocaine, en considération au rôle positif joué par le Royaume depuis le déclenchement du conflit libyen et de son attitude sincère envers les différentes sensibilités de ce pays, qui n’ont jamais eu de cesse de témoigner leur reconnaissance au travail discret et efficace des autorités et de la diplomatie marocaines.

Aujourd’hui, l’accord de Skhirat est un prélude d’un travail de longue haleine qui incombe à tous les Libyens pour ressouder les rangs et relever le défi de construire à terme une expérience démocratique.

Entre-temps, la mission prioritaire du futur gouvernement d’union nationale est de s’attaquer à la question de l’insécurité et de l’instabilité, sur le dos desquelles se nourrit l’organisation Daech qui ne cache pas ses desseins d’étendre son emprise sur le centre du pays et de lorgner les champs pétrolifères entre Syrte et Ajdabia (Est).

La mise en place d’une direction libyenne unifiée devra faciliter la coordination des efforts et des actions internationaux visant à lutter contre la menace terroriste, devenue existentielle tant pour la Libye que ses voisins immédiats et même lointains.

Au fur et à mesure que s’opérera la réinstallation d’un pouvoir central fort, les partenaires régionaux et internationaux sauront apporter un soutien conséquent aux autorités libyennes sur la question stratégique de la sécurisation des frontières et du tarissement des ressources des groupes armés susceptibles de contester la légitimité du nouveau pouvoir politique.

La route ne sera pas parsemée que de roses devant l’Accord politique de Skhirat. Cependant, aux yeux des experts et des observateurs, il s’agit de la dernière chance pour les parties libyennes en vue d’éviter la fragmentation de leur pays, préserver leur souveraineté nationale et espérer éradiquer, un jour, le fléau du terrorisme.

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