dim. Déc 15th, 2019

M. Lahlimi souligne l’importance de la réforme de l’enseignement et de la diversification des structures économiques

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Le Haut-Commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi Alami a souligné, mercredi à Rabat, l’importance de la réforme de l’enseignement de manière à renforcer davantage la productiité du système, ainsi que la diversification des structures économiques pour promouvoir de nouveaux secteurs offrant des emplois décents.
Présentant les résultats des enquêtes relatives au capital humain au Maroc, M. Lahlimi a mis en avant les grands efforts déployés et la volonté politique du Maroc pour changer les structures sociales à travers le renforcement de la réforme de l’enseignement, de la santé et des institutions.
Il a aussi mis l’accent sur l’orientation vers la diversification des  structures économiques notamment dans les secteurs de l’industrie, des  technologies et des nouveaux services, qui offrent des emplois à haute valeur  ajoutée de nature à renforcer l’envie à l’apprentissage et à améliorer en même  temps la rentabilité des ressources humaines.
Lors de cette rencontre, marquée notamment par la présence de plusieurs ambassadeurs, et représentants des organisations internationales relevant des Nations Unies œuvrant dans les domaines de la croissance et du développement humain, M. Lahlimi a précisé que les enquetes sur le capital humain au Maroc ont été réalisées selon deux approches. La première se réfère au nombre d’années d’études, au rendement économique du capital humain et à la survie des individus en âge d’activité « 15 59 ans » pour calculer, selon l’approche de la Banque Mondiale, l’indice de capital humain permettant d’en mesurer la valeur monétaire (Caselli, 2005).
La seconde approche appréhende, quant à elle, le capital humain en termes de  stock, tendance, répartition sociale, insertion et expérience professionnelles,  mobilités sociale et scolaire, inégalités sociales et investissement, à l’aide  des indicateurs unidimensionnels sélectionnés par l’OCDE, a-t-il ajouté.
Selon l’approche de la Banque Mondiale, l’indice du capital humain est une fonction du nombre d’années d’études des actifs occupés, du rendement économique du capital humain et de la survie des individus en âge d’activité « 15 59 ans », a expliqué M. Lahlimi, notant que c’est cet indice qui permet de  mesurer la valeur monétaire du capital humain du Maroc.
Ainsi mesuré, l’indice du capital humain a été de 2,983 en 2013, en enregistrant une hausse de 15,8 pc entre 1991 et 2013. Il a augmenté de 4,1 pc entre 1991 et 1999, passant de 2,576 à 2,681, et de 11,3 pc entre 1999 et 2013 passant de 2,681 à 2,983. C’est ainsi que près des 3/4 (74 pc) de la hausse de cet indice ont été réalisés entre 1999 et 2013, a-t-il poursuivi. 
Cependant cet indice, adopté par la Banque Mondiale, ne rend pas compte de l’ensemble des rendements de l’investissement dans l’éducation, la formation, l’expérience professionnelle et la santé, a relevé le Haut-commissaire au plan, notant que trois indicateurs fondamentaux décrivent le stock de capital humain et son évolution.
Sur le plan de l’éducation-formation, la proportion de la population âgée de « 25 ans et plus » ayant un niveau d’études collégiales, secondaires ou supérieures est de 29,9 pc en 2013. Bien qu’elle ait connu une hausse de 37,2 pc entre 1999 et 2013, elle reste en deçà de la moyenne des pays à développement humain moyen (47,5 pc), et nettement inférieure à la moyenne mondiale (63,6 pc), a fait savoir M. Lahlimi.  Par ailleurs, le nombre moyen d’années de scolarité par actif occupé a augmenté de plus de moitié (59,3 pc) au cours des deux dernières décennies, passant de 3,2 en 1991 à 5,1 en 2013.

Au plan de la santé, M. Lahlimi a fait savoir que le taux de survie de la population âgée de 15 à 59 ans a été de 920 pour mille en 2013 et a augmenté de 9,6 pc entre 1988 et 2010, années de référence des deux dernières enquêtes démographiques à passages répétés. Ce taux, à l’inverse des indicateurs relatifs à l’éducation, comparable à la moyenne des pays à développement humain, est élevé, a-t-il dit, précisant que ces pays enregistrent un taux de survie de 880 pour mille en 2011.

En termes d’investissement dans le capital humain, le haut-commissaire au Plan a relevé que le budget dédié au secteur de l’enseignement public a presque triplé (2,9 fois) entre 1999 et 2013 et celui des ménages a enregistré une hausse équivalente (2,7 fois), notant que le poids des dépenses des ménages en éducation et formation, a lui aussi augmenté de 16 pc à 25,1 pc, par rapport au coût total de l’éducation. Cette augmentation des dépenses dans l’éducation n’a pas été accompagnée par une évolution comparable des effectifs scolarisés, a soutenu M. Lahlimi, ajoutant qu’en 2013, ces derniers sont 1,4 fois plus grands que ceux de 1999, alors que le coût de scolarisation d’un élève a nettement augmenté durant la période et il a plus que doublé (2,4 fois) passant de 5.088 DH à 12.062 DH par élève et par an.

C’est ainsi que, dans le domaine de l’éducation-formation, la progression des indicateurs de résultats entre 1999 et 2013 est nettement inférieure à celle des indicateurs d’apport comme les dépenses publiques et celles des ménages, ce qui renseigne, selon M. Lahlimi, que, dans le cadre du système actuel d’enseignement, le rendement de l’investissement dans l’éducation ne suit pas l’augmentation des dépenses publiques dans le domaine.

A propos du plan du rendement du capital humain, le Haut-commissaire au Plan a indiqué que l’investissement dans l’éducation et la formation n’a pas uniquement des effets sur les revenus des individus et leurs chances d’insertion professionnelle, mais il a aussi un apport indéniable à d’autres dimensions de la cohésion sociale telles que la mobilité sociale et scolaire, l’équité, l’égalité de chances.

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