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ONU : La Palestine présidera le «Groupe des 77 + la Chine» en 2019…

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Palestinian protesters wave UN and national flags in front of a fabiricated giant refugee card of their President Mahmud Abbas, during a protest against the US decision earlier this year to cut funds to UN aid to Palestinians, in the West Bank city of Bethlehem, on September 26, 2018. / AFP PHOTO / Musa Al SHAER

Ce mardi 16 Octobre est une date à marquer d’une pierre blanche dans le long combat que mène le peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits car c’est par 146 voix pour, 15 abstentions et 3 contre que, ce jour-là, l’Assemblée générale de l’ONU a approuvé une résolution qui permettra à la Palestine de présider, en 2019, une coalition promouvant les intérêts économiques et politiques du groupe dit des « 77 » comprenant les pays en voie de développement.

Pour rappel, c’est en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU du 27 septembre dernier, que le « Groupe des 77 + la Chine », formé de 134 pays et qui constitue aujourd’hui une force de négociation non-négligeable sur les questions budgétaires, avait convenu de déléguer, durant l’année 2019, sa présidence tournante à la Palestine.

Mais en considérant que son statut de simple observateur et non pas de membre à part entière de l’ONU ne lui conférait pas les instruments juridiques requis pour exercer un tel mandat et en s’appuyant sur le fait que la Palestine est déjà « partie à de nombreux instruments conclus sous les auspices de l’ONU (et) membre à part entière de plusieurs institutions spécialisées et organes » de l’instance onusienne, l’Egypte a présenté une résolution lui permettant de disposer de pouvoirs légaux supplémentaires durant l’année qu’elle passera à la tête du Groupe des 77. Une annexe jointe à ladite résolution confère ainsi à la Palestine « le droit de faire des déclarations au nom du Groupe des 77 et de la Chine », « le droit de se porter coauteur de propositions et d’amendements » et, enfin, « le droit de soulever des motions de procédure ».

Alors qu’un diplomate qui a requis l’anonymat a estimé que le fait de présider le G77 donnera aux Palestiniens « la capacité de parler et de parrainer des textes » – une prérogative qu’ils n’avaient pas en tant qu’observateurs-, leur permettra « d’obtenir une reconnaissance internationale (et) montrera qu’ils sont un acteur international capable de parler d’autre chose que du conflit israélo-palestinien », Nikki Haley, l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, a, pour sa part, immédiatement dénoncé, dans un communiqué, « une erreur qui mine les efforts de paix dans la région » ajoutant même que « les Palestiniens ne sont pas un Etat membre de l’ONU et pas un Etat du tout ». Et la diplomate américaine de poursuivre en déclarant que « l’erreur de l’ONU aujourd’hui sape les espoirs d’une paix en alimentant l’illusion entretenue par certains dirigeants palestiniens qu’ils peuvent avancer vers leurs objectifs sans négociations de paix directes avec les israéliens ».

Lui emboitant le pas, Jonathan Cohen, le représentant-adjoint de Washington à l’ONU, a déclaré que « les Etats-Unis ne feront aucun mystère de leur position (et) rappelleront aux autres états-membres (qu’ils) ne reconnaissent pas l’Etat de Palestine et qu’aucun Etat de ce type n’a été admis comme Etat-membre de l’ONU ».

Ainsi, comme il fallait s’y attendre, ce texte, qui permet à la Palestine de dépasser son statut d’observateur, a été fortement récusé par les Etats-Unis, Israël et l’Australie qui y ont vu « une stratégie de reconnaissance internationale de la Palestine et de normalisation de ses relations ».

Ryad Mansour, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, considère, pour sa part, que le vote de ce mardi qui « est une expression de respect à l’égard de la décision du G77 » de confier sa présidence aux Palestiniens « montre le multilatéralisme sous son meilleur jour ».

Et si, ce même jour, plusieurs pays de l’U.E. dont le Royaume-Uni et l’Allemagne ont tenu à préciser que leur vote en faveur de la résolution égyptienne n’équivaut, en aucune manière, à une reconnaissance de la Palestine en tant qu’Etat, rien n’interdit, par ailleurs, de l’assimiler à un premier pas allant dans le sens de cette reconnaissance tant espérée mais attendons pour voir…

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