Percée sans précédent du FN, en tête dans six régions

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Le Front national se classe dimanche largement en tête du premier tour des élections régionales avec quelque 30% des suffrages en France métropolitaine, devant la droite alliée aux centristes, reléguant la gauche loin derrière. Le FN est premier dans six régions métropolitaines, les Républicains et leurs alliés centristes dans quatre, et le Parti socialiste et ses alliés dans deux, selon des estimations Ifop-Fiducial et Ipsos-Sopra-Steria.

Le Front national se classe dimanche largement en tête du premier tour des élections régionales avec quelque 30% des suffrages en France métropolitaine, devant la droite alliée aux centristes, reléguant la gauche loin derrière.

Le FN est premier dans six régions métropolitaines, les Républicains et leurs alliés centristes dans quatre, et le Parti socialiste et ses alliés dans deux, selon des estimations Ifop-Fiducial et Ipsos-Sopra-Steria.

En Île-de-France, la liste de droite conduite par Valérie Pécresse totalise 31% des suffrages, selon les estimations TNS Sofres, devant le PS emmené par Claude Bartolone, qui obtient 25%. En troisième position, la liste FN de Wallerand de Saint-Just est créditée de 18,5%.

En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, la présidente du FN, Marine Le Pen, réalise le score sans précédent de 43%, selon Ifop-Fiducial, devant les listes de la droite et du centre emmenées par Xavier Bertrand (24%) et les listes du PS (18%).

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marion Maréchal-Le Pen, surclasse elle aussi ses adversaires avec 41,7%, selon Ifop-Fiducial. Les listes de droite conduites par Christian Estrosi ne recueilleraient que 24,5%, les listes PS 18,1%.

Le FN est aussi en tête en Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, Centre-Val-de-Loire, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et Bourgogne-Franche-Comté.

La participation s’est inscrite en forte hausse par rapport au premier tour du précédent scrutin de 2010, qui avait été marqué par un taux d’abstention record de 53,63%.
NI FUSION NI RETRAIT, PRÉVIENT SARKOZY
Au total, 49,5% des 44,6 millions d’électeurs se sont déplacés aux urnes, selon des estimations Ifop, une mobilisation qui a profité principalement au parti de Marine Le Pen, alors que l’exécutif socialiste escomptait un « sursaut citoyen » trois semaines après les attentats de Paris.

Le FN bat de nouveau son record en termes de score national après les 25,25% (5,1 millions de suffrages) obtenus au premier tour des départementales de mars dernier.

Les résultats de dimanche soir confirment l’ancrage local du parti lepéniste, qui s’est donné pour priorité de conforter son maillage territorial pour aborder en position de force l’élection présidentielle de 2017.

A gauche comme à droite, les états-majors se retrouvent confrontés à l’impossible équation du second tour, miné par les triangulaires avec l’extrême droite.

Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, a réitéré son refus de tous retrait ou fusion des listes LR-UDI-MoDem pour faire barrage au FN.

A gauche, sans attendre les consignes de la direction nationale, les chefs de file socialistes Pierre de Saintignon, dans le Nord, et Christophe Castaner, en PACA, tous deux troisièmes, ont laissé entendre qu’ils ne se retireraient pas et ont appelé au rassemblement « républicain », un message à Europe Ecologie-Les Verts et au Front de gauche, partis en cavalier seul dans plusieurs régions, mais aussi à la droite.

« C’est un nouveau signe d’une profonde aspiration des Français à voir les choses changer dans notre pays », a déclaré Nicolas Sarkozy, déjà l’esprit à la présidentielle.

« Ce message s’adresse à nous aussi. Il nous faut entendre et comprendre l’exaspération profonde des Français. »
« LE VIEUX SYSTÈME EST MORT »
Le président de l’Union des démocrates indépendants (UDI), Jean-Christophe Lagarde, pourtant allié au parti de Nicolas Sarkozy, a fait entendre une voix discordante en appelant les listes placées en troisième position à se retirer en vertu du « bon sens démocratique et républicain ».

Le Parti socialiste réunissait dimanche soir un bureau national exceptionnel pour décider de la marche à suivre dans l’entre-deux-tours. Le Premier ministre, Manuel Valls, très en pointe dans la campagne contre le FN, devait s’exprimer lundi.

Mais le candidat socialiste en PACA, Christophe Castaner, a d’ores et déjà annoncé qu’il refusait de se désister en faveur de Christian Estrosi et son homologue dans le Nord, Pierre de Saintignon, ne s’est pas exprimé de manière claire.

Marine Le Pen a salué « un résultat magnifique » du « seul front vraiment républicain », une allusion au « front républicain » désormais abandonné à droite et difficilement respecté à gauche.

« Le peuple s’est exprimé, et avec lui la France relève la tête. Ce vote confirme ce que les précédents scrutins avaient annoncé. Le mouvement national est désormais sans conteste le premier parti de France, alors qu’il est à peine représenté au Parlement », a déclaré la présidente du FN.

Pour Marion Maréchal-Le Pen, « le vieux système est mort et avec lui les représentants de droite comme de gauche. »

Les Français sont appelés à désigner les exécutifs de treize nouvelles régions métropolitaines (contre 22 précédemment) et de quatre départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Réunion, Guyane). Ils élisent 1.903 conseillers régionaux.

Les listes créditées d’au moins 10% des suffrages exprimés peuvent se maintenir au second tour et ont la possibilité de fusionner avec celles qui ont recueilli au moins 5%.

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