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Rabat… La métamorphose

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Mohamed Ameskane

Rabat, Ribat al fath, la capitale administrative du royaume, est en train de subir un lifting de jouvence. La cité, dans le cadre de la ville des lumières, capitale de la culture, est un grand chantier…ouvert.

Après des projets d’envergure tels la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc, le tramway qui la traverse du bout en bout, du fin fond de salé jusqu’â Madinat Al Irfan, au bénéfice des étudiants et autres fonctionnaires, le Musée D’art Contemporain et Moderne Mohammed VI…Une infinité de projets, entre rénovation et création, ne vont pas tarder à avoir le jour.

Je suis en train de rédiger ce papier sur les hauteurs de l’hôtel Terminus. Il est 8h du matin, la ville vient de subir une averse, lavée de sa poussière et des pas des passants. Il a finalement plu, les gens ont le sourire aux lèvres. L’hôtel a été fermé depuis des années. L’un des premiers immeubles construits à Rabat, délabré à une certaine époque, est finalement ouvert offrant un chic d’une modernité inouïe.   Sur cette terrasse avec des vues plongeantes : Une sur l’avenue Mohammed V, ex Dar El Makhzen, aboutit à l’océan, en passant par l’Agza, une autre conduit votre regard vers la cathédrale Saint-Pierre, en traversant la place des Alaouites, une autre vous fait voyager sur le boulevard de la victoire après avoir passé la porte de Bab Rouah, la dernière plonge sur la palais royal, le Méchouar sans oublier Jamaà Sounna.

Ce calme, volupté et beauté ne coute que 25 DH ! Et oui le café, servi sur cette panoramique vue ne coute que 25DH ! Enfin Rabat à sa terrasse panoramique.

Laissant le Terminus, devenu Terminus Grand Hôtel, et enjambant le boulevard Mohamed V. Avec la LGV (le TGV marocain), la gare Rabat-ville va subir quelques transformations tout en lui préservant son caché original de monument historique d’art néo-mauresque. Le parlement est agrandi. Derrière est niché le fameux palais Tazi qui est dans l’otique de la rénovation, peut-être pour en faire un palace ?

En face du parlement se dresse l’hôtel Balima. Fermé, sa fameuse terrasse, lieu de tous les rendez-vous, est vide de ses chaises et de ses clients. L’hôtel sera fermé pendant deux ans. À sa réouverture il retrouvera sa splendeur des années trente. Le projet est confié par les propriétaires à l’architecte Tarik Oualaou. Après la transformation de l’ex-café des ambassadeurs en Grand Comptoir, une réussite, c’est tout le patrimoine de la famille qui va être rénové dont le cinéma le Colisée qui ouvrira avec deux salles. Le Balima c’est l’histoire politique, économique et culturelle de Rabat et au-delà du Maroc.

Un peu plus loin la Banque du Maroc est en plein travaux. On gardera la façade, mais tout l’intérieur sera ultra moderne. Ce qu’on appelle le façadisme, technique architecturale, qui a sauvé plusieurs monuments parisiens. Dommage qu’elle n’a pas été utilisé pour sauver l’hôtel Lincoln à Casablanca sur le boulevard Mohamed V comme elle a sauvé l’agence de la Société Générale Marocaine de Banque un peu plus loin sur le même boulevard, en face du Petit Poucet.

Derrière la banque du Maroc, en travaux, le musée reste ouvert. Un bijou hélas pas assez connu! En parlant de musées, en face le musée de la poste est en travaux comme le seront les musées d’archéologie et celui des Oudayas.

On peut parler des projets de Bouregreg dont le théâtre confié à l’architecte internationalement reconnu Zaha Hadid… On peut évoquer la transformation de la gare d’Agdal qui accueillera le LGV. Une vraie prouesse quand on admire les maquettes tout comme celles de Tanger, Kenitra et Casablanca.

Restant sur le boulevard Mohammed V. Il y’a l’ancien théâtre-cinéma la Renaissance, rénové par décision royale et la fondation de la ‘fondation Hiba’. Un vrai centre culturel avec cinéma, café au premier alors que les autres étages sont destinés à la création juvénile.

Mais, hélas il y’a toujours un mais, il y’a une tache noire sur le boulevard. Il s’agit de l’ancien ministère de l’information, un vrai bijou architecturale, devenu repère des petits voyous qui agressent les passants une fois la nuit tombé. Le mur qui le cachait avait disparu il y’a quelques années pour aérer la place et le jardin et donner à voir la beauté du monument. On ne peut qu’espérer qu’une décision ne tardera pas à le sauver. Et on aura notre Champs-Elysées!

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