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Une « Usine extraordinaire », pour rapprocher les Français de l’industrie

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Rapprocher les Français du monde industriel, donner aux plus jeunes l’envie de choisir ces métiers et montrer concrètement ce qu’est une usine du XXIe siècle: l’exposition « L’Usine extraordinaire », qui s’ouvre jeudi à Paris, veut changer l’image et la perception de l’industrie.

L’Usine extraordinaire se propose de « faire changer les mentalités sur le monde des usines » qui est « totalement différent » de l’image négative des « usines sales » ou des « usines qui ferment », a expliqué à l’AFP Bruno Grandjean, président de la Fédération des industries mécaniques (FIM).

« L’industrie d’aujourd’hui est déjà très numérique, robotisée, avec des machines à commande numérique, des machines intelligentes qui ont fortement changé les conditions de travail », souligne M. Grandjean, lui-même PDG du groupe Redex, fabricant de composants de machines-outils.

« C’est vraiment un défi culturel » et « un moment d’échange et de rencontres », résume Bruno Grandjean, qui préside la Fondation Usine extraordinaire, aux commandes du projet.

Pour convaincre le grand public de la mutation de l’industrie, L’Usine extraordinaire présentera pendant quatre jours, de jeudi à dimanche sous la nef du Grand Palais, des lignes de fabrication en activité, des robots et des machines-outils et proposera des rencontres avec les acteurs de l’industrie.

L’exposition, dont l’entrée est libre, permettra aussi de découvrir des nouvelles technologies numériques qui représentent « l’industrie du futur »: réalité virtuelle, réalité augmentée, impression 3D, maintenance assistée, etc.

Quelque 50.000 visiteurs sont attendus, dont près d’un quart de scolaires.

Pour ces derniers, l’objectif est déjà atteint, puisque les organisateurs ont reçu 10.000 inscriptions. Les classes en visite viennent de 55 départements et participeront les deux premiers jours à un parcours pédagogique de deux heures dans l’exposition.

L’enjeu de la formation est important car, par exemple, 50.000 postes seront à pourvoir chaque année dans les industries mécaniques jusqu’en 2025.

Outre la dimension grand public, L’Usine extraordinaire accueillera aussi le premier jour une réunion plénière du Conseil national de l’Industrie, présidé par le Premier ministre Edouard Philippe.

Cette instance, qui accueille aussi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, regroupe les grandes filières industrielles, les fédérations professionnelles et les représentants syndicaux ainsi que les élus locaux.

« Ils doivent travailler ensemble au service de la compétitivité et d’une forme de réindustrialisation. C’est le défi des 10 à 15 ans qui viennent », juge M. Grandjean.

« On a besoin de retisser ce lien, de montrer que la société française comprend l’importance des usines, l’importance de produire », ajoute le patron de Redex, qui récuse fermement l’idée que la France serait entrée dans une époque « post-industrielle ».

« Malgré les problèmes de commerce extérieur, la France reste une nation d’industrie », affirme M. Grandjean. Les exportations de biens industriels français ont totalisé 473 milliards d’euros en 2017, en hausse de 4,5%.

« On ne va pas lâcher notre industrie (…) Une France sans usine n’est pas une option », avait affirmé Edouard Philippe le 20 septembre 2017 lors de l’installation du nouveau Conseil national de l’Industrie.

Après la session du CNI, le Premier ministre inaugurera L’Usine extraordinaire jeudi matin, puis une table ronde sur l’industrie européenne réunira des dirigeants d’entreprises.

Soutenu par les pouvoirs publics, l’événement est toutefois organisé « sans subventions », ont insisté ses organisateurs.

La manifestation est soutenue par des grands groupes comme EDF, Michelin, Sanofi, des grandes fédérations industrielles (FIM, UIMM, Gifas, Gimelec, Symop) et nombre d’entreprises, y compris des PME, illustrant différents secteurs industriels (Bosch, bioMérieux, Daher, Fives, SKF, Stäubli, KSB, Paprec, Compagnie Dumas, EY, STMicroelectronics, notamment).

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