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Yémen: les séparatistes ont repris Aden

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Fighters of the UAE-trained Security Belt Force, dominated by backers of the the Southern Transitional Council (STC) which seeks independence for south Yemen, stand guard outside a bank in the Crater district in the centre of Yemen's second city of Aden on August 12, 2019. - The head of Yemen's separatist movement said he was ready to take part in Saudi-brokered peace talks after clashes with pro-government forces killed dozens in the port city. Southern Transitional Council (STC) leader al-Zubaidi had said late on August 11 that he was committed to a ceasefire in Aden, where the separatists have seized the presidential palace and army camps. (Photo by Nabil HASAN / AFP) (Photo credit should read NABIL HASAN/AFP/Getty Images)

Le sud du Yémen, théâtre depuis des semaines de combats, a connu jeudi un nouveau coup de théâtre avec la reprise par les séparatistes de la ville d’Aden, « capitale provisoire » du gouvernement, dont les forces n’ont eu le contrôle que quelques heures.
Les séparatistes sudistes « contrôlent complètement la ville d’Aden ainsi que ses entrées », a déclaré à l’AFP le porte-parole du Conseil de transition du sud (STC, séparatistes), Haitham Nezar.
Les forces gouvernementales, qui avaient repris la veille cette grande ville du sud, « se sont retirées » vers la province voisine d’Abyane, a confirmé une source de sécurité du gouvernement.
Aden avait été conquise le 10 août par les séparatistes à l’issue de vifs combats ayant fait au moins 40 morts.
La ville est particulièrement importante pour le gouvernement puisqu’il y a installé son siège provisoire depuis la conquête de la capitale Sanaa par les rebelles Houthis venus du Nord. Le président Abd Rabbo Mansour Hadi vit cependant en exil à Ryad.
Les forces séparatistes et loyalistes avaient auparavant combattu ensemble ces rebelles mais leurs relations se sont tendues depuis 2017. Les combats qui les opposent dans le sud depuis début août constituent un nouveau front dans la guerre qui déchire le Yémen depuis 2014.
Les séparatistes ont fait venir des renforts en provenance d’autres provinces et semblent déterminés à reprendre le contrôle des secteurs aux mains du gouvernement dans le sud du pays.
Cette partie du Yémen dont ils revendiquent l’indépendance était un Etat indépendant jusqu’en 1990.
Selon Haitham Nezar, les séparatistes envisagent une offensive sur les provinces d’Abyane et Chabwa, reprises par le pouvoir cette semaine.
« Notre projet est de chasser du sud les force d’invasion », a affirmé M. Nezar en référence aux forces loyalistes.
Le vice-président du STC Hani ben Briek a indiqué que des milliers de séparatistes combattant notamment les rebelles Houthis sur le front nord ont été appelés à rejoindre le sud en vue de nouveaux combats.
« Nous ne resterons pas sur le front pour libérer le Nord des Houthis alors que le nord nous envahit », a-t-il déclaré.
Sur Twitter, il a publié jeudi des photos de lui et d’autres responsables sudistes marchant à Aden et a menacé de punir les forces loyalistes ayant quitté la ville.
Le STC bénéficie traditionnellement du soutien des Emirats arabes unis, tandis que le gouvernement, qui a lui aussi appelé des renforts venus du nord, est appuyé par l’Arabie saoudite.
Ces deux pays du Golfe sont pourtant alliés au sein de la coalition militaire qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le pouvoir face aux rebelles Houthis, perçus comme proches de l’Iran et qui se sont emparés de larges pans du territoire à la faveur de leur offensive déclenchée en 2014.
Lors d’une rencontre avec le prince Khaled ben Salmane, vice-ministre saoudien de la Défense et frère du prince héritier Mohammed ben Salmane, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a appelé à une résolution du conflit négociée avec les séparatistes.
Pour les deux hommes, « le dialogue représente la seule façon de parvenir à un Yémen stable, unifié et prospère », a affirmé le département d’Etat américain dans un communiqué.
La rencontre a eu lieu après que le quotidien américain Wall Street Journal a indiqué que l’administration du président Donald Trump s’apprêtait à entamer des pourparlers directs avec les rebelles Houthis pour tenter de mettre fin à la guerre.
Le conflit au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a fait depuis 2014 des dizaines de milliers de morts dont de nombreux civils d’après des ONG, et plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU.

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